52- adrien moisson wild immersion

"Je me suis penché sur mon Ikigaï, qui consiste à croiser nos champs de compétences, d’équilibre et ce pour quoi nous sommes payés"

Adrien 

"Je n’ai pas eu l’impression de vivre une déviation, mais plutôt une sorte de retournement radical.
Après une école de commerce et des débuts dans la production, j’étais à la tête d’une société qui réalisait des films publicitaires, des évènements... Une belle réussite qui ne m’empêchait pas de me poser des questions sur ces personnes aux compétences mal mises en valeur, sur la promotion de produits sans intérêt et voués à être rapidement obsolètes… Je voyais des artistes, des créatifs, des gens sensibles entraînés malgré eux dans une spirale de surconsommation morbide.

Je n’ai pas fait de burn-out mais ma remise en question a été violente. J’étais devenu obsédé par les scénarios de catastrophe écologique. Un soir, je me suis penché sur mon Ikigaï, cette méthode japonaise qui consiste à croiser nos champs de compétences, d’équilibre, et ce pour quoi nous sommes payés. Prenez un stylo, une feuille blanche et tentez l’expérience, c’est très instructif.
Pour moi, ce soir-là a été le déclic  ! J’ai tout de suite compris comment je pouvais concilier ce que je savais faire — la compta, le management, la production, le buzz — et ce qui me semblait important. J’ai vu comment les pièces du puzzle pouvaient s’assembler, avec notamment ma première formation de vétérinaire qui remontait d’un coup en top de liste et mes souvenirs de vacances d’été en Auvergne lorsque j’étais enfant.

Peu à peu, je suis devenu végétarien et minimaliste et j’ai réduit le nombre d’objets dont j’avais réellement besoin. Aujourd’hui, ma vie tient dans une valise.
J’ai créé le concept The Wild Immersion,une réserve animale virtuelle à laquelle on accède avec un casque.
Les images à 360° nous téléportent dans la nature en stimulant nos potentiels d’émerveillement. Je travaille avec mon équipe pour proposer cette expérience dans des salles de cinéma partout dans le monde, en commençant par Paris. L’idée est de communier avec les autres, mais aussi de se détendre, de sensibiliser à la nature et à la transition écologique.

Notre objectif ? Financer cinq réserves naturelles sur chaque continent dans les prochaines années. Je me suis engagé sur un long chemin… et demain commence dès aujourd’hui."

 

Propos recueillis par Antoine Couder / Photo DR

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