35 - restaurant paca paris

"Un soir, un peu éméchées, on a commencé à projeter d'ouvrir un resto ensemble... Le lendemain, on était toujours partantes"

Marion et Virginie

"Cette histoire est celle de deux amies. Marion et moi nous sommes connues il y a vingt ans, à Hyères, au collège. Nous sommes restées en contact.
J'étais fille de restaurateur. J'aimais l'ambiance en cuisine, le service, les plats qui passent. Pourtant, j’ai fait une école de commerce avant de me tourner vers le monde du luxe.

En 2011, j’ai signé mon premier CDI en tant que commerciale chez Lancel. Au bout de trois ans, je sentais que plus rien ne me stimulait. J’ai commencé à enchaîner des boulots que je finissais toujours par quitter pour les mêmes raisons : manque de dynamisme, de prise de risque. Je crois qu'on appelle ça l'ennui.
Marion, elle, avait œuvré dix ans au service des marques. Entre 2015 à 2017, elle était responsable marketing chez Gap. Son truc, c’était la mode, mais elle souffrait comme moi de l’absence de prise d’initiative.
A l’approche de la trentaine, le sentiment d’être bloquée dans sa vie l’oppressait.

Un soir de mai 2016, un peu éméchées, alors qu’on se plaignait une énième fois de nos boulots respectifs, on a commencé à projeter d'ouvrir un resto ensemble… en nous enflammant un peu. Sauf que le lendemain, on était toujours partantes. Nous avions juste peur qu’étant amies, les rapports professionnels soient délicats - quand il y a de l’affect, il y a de l’ego.
Alors, nous avons eu cette conversation dans le blanc des yeux qui a tout accéléré. En janvier 2017, on a démissionné chacune de notre côté pour développer notre concept et élaborer un prévisionnel.

Un an plus tard, notre restaurant A l’ombre voyait le jour dans le 11ème arrondissement de Paris. Ce lieu, c’est là d’où nous venons, la région PACA - dont nous voulions modestement être les référentes. On a fait en sorte que ça sente la garrigue quand les clients entrent. On a sourcé nos produits en arpentant les routes provençales, pour découvrir auprès de fournisseurs ce qu’on pouvait rapporter de meilleur. Nous élaborons ensuite en cuisine des plats typiques, des anchoïades savoureuses, des terrines…
Quelques mois à peine après l'ouverture, nous avons déjà de beaux retours. Prochaine étape : décliner le concept et continuer sur notre lancée. C'est tout ce que l’on peut se souhaiter."


Propos recueillis par Rosanna Lerner / Photo de Rosanna Lerner

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