Une enfance tumultueuse marquée par les hôpitaux
« C’est une maladie qui frappe toutes les classes sociales ».
Alors âgée de 14 ans, Anaïs Nighoghossian vit les premiers symptômes de cette maladie. Enfant accidentée, internée en hôpital psychiatrique dès l’adolescence, elle témoigne sans tabou sur la réalité d’une vie en isolement et le souvenir humiliant de ses années d’hospitalisations à Lyon pour cause de troubles alimentaires aigus.
Vulnérables et démunis, ses parents, pourtant médecins, cèdent et se plient au protocole de l’institution. Sa vie bascule. C’est le début de l’enfer…
« Je me retrouve enfermée pendant quatre mois et demi dans cette chambre de huit mètres carrés. Dans une clinique insalubre, vétuste. La porte est fermée 24h / 24h. Les fenêtres sont condamnées. Je ne peux pas me laver. Il n’y a même pas de toilettes ».
Le ressaisissement, une étape difficile
« À la moindre rechute, on t’enferme à nouveau ».
Mais à 30 ans, Anaïs décide de se prendre en main. Après de multiples traumatismes et de profondes blessures, elle refuse la fatalité. Elle s’acharne, se soigne, se répare et se laisse entraîner par le courage que lui insuffle cette fameuse « main tendue ».
« Pour la première fois, je sais que ça va être long mais je sais que ça va marcher. Je sais que c’est possible que ça marche ».
Aujourd’hui enseignante au CELSA Paris-Sorbonne et directrice de la communication d’une marque de luxe française, Anaïs revit. Au travers de son livre Dix-sept heures douze, place d’Italie (Editions Jets d’Encre), elle revient sur son bouleversant parcours et nous livre une réflexion essentielle sur les troubles du comportement alimentaire et leurs effets collatéraux encore si peu connus.
« Je sais que ça va être long mais je sais que c’est possible que cela marche ».
Nous vous avions partagé le premier épisode du podcast d’Anaïs Nighoghossian dans lequel, elle nous racontait sans détour, son enfance accidentée et la réalité d’une vie en isolement.
« Si je peux continuer de témoigner, je veux le faire ».
Par Nicolas Sartel