Une enfance démunie
« Quand je suis arrivé à l’école, je me suis rendue compte qu’on avait rien »
Belge d’origine, Roman Malo a grandi à Bruxelles dans une famille dite « moyenne » avec sa petite sœur. A l’âge de 10 ans, la famille déménage en France avec le projet de reprendre un élevage canin en Vendée. Malheureusement, le projet n’aboutit pas et les ennuis commencent. Le père de Roman, au chômage, ne parvient pas à rebondir. Il est couvert de dettes, et il les creuse jour après jour. Sa femme est obligée de cumuler les petits boulots pour subvenir aux besoins des enfants.
« Notre maman a essayé de faire ce qu’elle pouvait mais quand vous êtes à quatre sur un smic, ce n’est pas fameux »
L’enfer, c’est les autres
« Je suis allée au collège et je me suis rendue compte qu’on était des moins que rien »
La famille Malo sombre petit à petit dans la pauvreté. Roman subit des moqueries au collège et comprend rapidement qu’il devra « faire semblant » pour réussir à s’intégrer et s’élever socialement. Il commence à travailler très jeune pour aider sa maman.
Le denier coup de grâce
« On se dit, il nous reste un parent et notre maman va mourir »
A 15 ans, alors que la mère de Roman est enceinte de son 3ème enfant, son père apprend qu’il est atteint d’un cancer. Il décédera l’année suivante. Roman, très assidu à l’école et cultivé, entame des études de psychologie. Mais la vie continue de s’acharner puisqu’à l’été 2021, il perd sa mère, atteint, elle aussi, d’un cancer. Roman et ses deux sœurs, – la dernière est mineure -, se retrouvent orphelins, et sans un sou. Ils lancent alors une cagnotte en ligne, et récoltent un soutien financier inespéré.
« Si les gens ont investi, ils nous ont fait confiance, ils doivent donc comprendre »
Voici l’histoire poignante de la fratrie Malo (raconté dans leur livre « Nous n’avions pas d’argent mais nous avions l’amour », paru aux Éditions Albin Michel et sorti dernièrement).
Par Myriam Amossé