En Occident, l’écologie s’est imposée comme l’un des principaux enjeux de notre temps. Polluer, même chez les plus sceptiques d’entre nous, n’est plus perçu comme un acte anodin. Et s’il subsiste des débats houleux sur les conséquences du réchauffement climatique et la capacité des sociétés humaines à s’y adapter, une écrasante majorité d’Occidentaux reconnaît aujourd’hui que notre planète se réchauffe et que nous en sommes largement responsables.
Il était temps !, s’exaspéreront nombre de nos lecteurs. Certes. Mais ce phénomène étant à la fois lent (on le mesure en le comparant aux données préindustrielles, c’est-à-dire avant 1850) et chaotique (à l’échelle locale, il peut se manifester très concrètement une année, puis être contredit l’année suivante, ce qui peut brouiller la perception de ceux qui ne regardent pas les choses dans leur globalité), il aurait sans doute été ignoré ou sous-estimé sans les importants moyens techniques et scientifiques que les sociétés contemporaines ont déployés pour mieux le comprendre.
Des moyens qui ont permis un constat, une compréhension, une prise de conscience que des militants précurseurs ont diffusés dans nos sociétés. Ces lanceurs d’alerte ont su, dans un monde d’indifférence, de doute voire d’hostilité, faire comprendre qu’il se passait quelque chose de grave… et qu’il fallait réagir.

Aujourd’hui, les temps ont changé.
La bataille de l’opinion a été largement remportée. Largement, mais pas totalement. Car, comme dans toute société où une valeur morale (la conscience écologique) devient la norme, elle peut générer des excès et, surtout quand elle est associée à un sentiment d’urgence, adopter des postures extrêmes ou ne plus prendre le temps de convaincre. Elle déroule alors, s’impose de plus en plus et génère, ainsi, sa propre opposition.
Nous l’avons vu au cours des dernières années. Des mouvements hostiles aux politiques de transition écologique sont apparus, ont pris de l’ampleur jusqu’à s’emparer du pouvoir, mettant en cause ce que beaucoup d’entre nous estimaient indiscutable. On peut les mépriser, pointer les erreurs des uns, l’inculture des autres, la mauvaise foi des troisièmes. Il n’en demeure pas moins que ces mouvements sont là et que leurs partisans votent.
Face à l’incrédulité ou à l’embrigadement, les débats sont souvent vains. L’éducation, la communication, la symbolique restent utiles, mais sont moins efficaces que par le passé. Pour retrouver leur efficacité, elles ont besoin de s’appuyer sur des éléments concrets qui démontrent que, quand on s’y met, les choses peuvent avancer.
Le temps de l’action est donc venu : pour déployer, améliorer ou inventer des solutions.
Ce temps est celui de la sobriété, évidemment. Mais parce qu’elle est difficile à vivre, cette sobriété doit être complétée, adoucie par les apports de l’innovation, par la création de technologies et de processus qui participent à la décarbonation de nos modes de vie.

Les Déviations 4
Ce numéro spécial vous emmène sur le terrain, à la rencontre de celles et ceux qui ont décidé de réorienter leur vie pour agir concrètement face à l’urgence écologique.
Cet ouvrage s’adresse à ceux qui pensent que la solution est dans l’action.
Il propose un éclairage sur les enjeux de la décarbonation dans l’un des principaux secteurs économiques émetteurs de CO₂ : le bâtiment. Et, mission des Déviations oblige, il retrace le parcours de celles et ceux qui ont décidé de tout quitter pour s’engager dans ces transitions.
Son ambition : encourager celles et ceux qui souhaitent, à leur tour, prendre part à cette bataille en embrassant les métiers qui décarbonent.
Nous espérons que cet ouvrage vous inspirera. Achetez-le directement sur notre site.
Laurent Moisson
Directeur de la publication