Fabrice Deville : « Mon potentiel n’a pas encore été exploité »

Fabrice Deville est un visage de la télévision française, lui qui incarne depuis quatre ans Florent Garçay dans Un si grand soleil sur France 2. Il a accepté de nous parler de son parcours et de ses aspirations.

Temporaire

Publié le

Modifié le

Rédigé par

Par Sandra Franrenet.

Découvrez d’autres portraits dans nos magazines.

« Se construire sans papa, ça a été compliqué, mais il a fallu faire avec »

« J’allais partir voir la mer. Mais ce n’est pas grave, on peut faire l’interview maintenant si vous voulez ! », propose Fabrice Deville au moment où nous l’appelons. Aujourd’hui, l’acteur de 51 ans ne tourne pas. Florent Graçay, l’avocat qu’il interprète dans Un si grand soleil sur France 2, est loin de ses pensées qui naviguent, pour l’heure, vers le large. Montpellier, ce n’est pas Casablanca, la ville où il est né et où il a grandi jusqu’à ses 5 ans ; mais il y a la Méditerranée !

Sans le décès brutal de son père, il serait sans doute resté plus longtemps au Maroc. Mais cet épisode tragique a sonné le glas de cette première partie de vie. En 1976, le cœur gonflé de larmes, il rentre donc en France avec sa mère et son frère Laurent de 18 mois son aîné. « Se construire sans papa, ça a été compliqué, mais il a fallu faire avec », tranche-t-il sans s’attarder sur ce sujet douloureux.

« Nous étions les orphelins qu’on recueillait le week-end »

Les premières années sont dures dans l’appartement où ils atterrissent, à côté des Mureaux (78). Très turbulent, le jeune garçon est envoyé en pension à l’âge de 10 ans. « C’est mon grand-père paternel, le général Fauchon de Villeplée, qui a financé nos études », précise Fabrice qui porte alors le même patronyme. Un patronyme particulièrement encombrant quand on n’a plus le sou. Sa mère, VRP, n’a pas de quoi leur faire mener la grande vie. « Nos oncles et tantes étaient adorables. Nous étions les orphelins qu’on recueillait le week-end ou pendant les vacances, dans leurs résidences secondaires. Mais nous, nous n’avions rien. Les gens avaient du mal à le comprendre. Dans leur esprit, quand tu portes une particule, tu es forcément blindé. Mais l’opulence, je ne faisais que la toucher du doigt. On me l’ôtait le dimanche soir, quand je rentrais à la maison », explique-t-il. Une situation qui le poussera, des années plus tard, à raccourcir son nom de famille. 

Sa passion du théâtre

Mais avant de devenir Fabrice Deville, le jeune Fauchon de Villeplée poursuit une scolarité un brin chaotique. « J’ai repiqué deux fois, dont ma terminale. Mon frère a repiqué aussi, si bien qu’à un moment, nous nous sommes retrouvés dans la même classe ! », s’exclame-t-il. Son parcours toutefois ne l’empêche pas d’intégrer une école de commerce située sur le très chic boulevard Exelmans, à Paris.

Sa passion du théâtre est déjà là. Il joue en amateur le rôle incarné par Depardieu dans Tenue de soirée, le film de Bertrand Blier. Sa famille et ses amis s’attendent à le voir faire carrière dans le marketing. C’est sans compter son goût du jeu. En 1995, à l’âge de 24 ans, il entre au cours de Jean-Laurent Cochet. Cet ancien pensionnaire de la Comédie-Française a eu pour élèves les plus grands noms du cinéma français parmi lesquels Gérard Depardieu justement et aussi Isabelle Huppert, Daniel Auteuil, Fabrice Luchini… L’évocation de ces noms met des étoiles dans les yeux du jeune Fabrice. La même année, il décroche le casting qui va le lancer : Les Enfants de John, une série sur la Cinquième. Les six mois de tournage le mènent un peu partout en France, à Montpellier notamment où il reviendra en 2019 pour son rôle d’avocat dans Un si grand soleil.

« Mon potentiel n’a pas encore été exploité. Je peux incarner des personnages plus complexes »

S’ensuit un long-métrage de Roger Hanin, Soleil (1997), où il donne la réplique à Sophia Loren, ou encore La Boîte de Claude Zidi (2001). Manque de chance, cette comédie fait un flop. « Avec ce film, j’aurais vraiment pu décoller mais j’étais fade. Mon jeu ne présentait pas beaucoup d’intérêt, considère Fabrice avec le recul. À partir de là, j’ai été cantonné aux second et troisième rôles. » Il tourne dans Navarro, Sous le soleil, Les Vacances de l’amour, Joséphine ange gardien, Camping Paradis, Cassandre, Les Mystères de l’amour… et bien sûr Un si grand soleil qui lui offre un rôle récurrent depuis quatre ans. « J’incarne un peu le gendre idéal ! », sourit-il avant de confier qu’il réécrit certaines tirades pour donner un peu de relief à son alias.

Cela tombe bien, car écrire est justement l’un des autres dadas du comédien également entrepreneur (il a créé Moteur Action, une société de coaching et de formation en entreprise pour ne pas dépendre du bon vouloir des réalisateurs). « Je suis actuellement sur l’écriture d’une mini-série que j’aimerais tourner avec des copains ; quelque chose de facile à produire et qui n’amuse que moi ! », s’excuse-t-il presque.

En parallèle, il s’adonne à un exercice plus sérieux : l’écriture d’un épisode de Meutres à…, une collection de téléfilms policiers se déroulant dans une ville ou une région française. « Mais là, c’est un pur exercice de style, rassure-t-il. Je veux voir comment j’avance et à quel moment je plafonne. » Une occupation comme une autre, d’ici à ce qu’on lui offre le rôle dont il rêve ? « Mon potentiel n’a pas encore été exploité. Je peux incarner des personnages plus complexes », souligne-t-il. Malgré son physique de playboy, Fabrice Deville n’a pas envie de jouer les séducteurs. Il brûle de camper un prêtre agité par les tourments de la vie. À bon entendeur…

Les Déviations N°2

En vente

Les Déviations N°1

Toujours en vente

Les vidéos les + vues

Kalil Abou Khalil : Du travail précoce au plus grand importateur de Guinée

Parti de Dubréka avec pour seul capital le goût du travail, Kalil Abou Khalil s’est...

Un cancer met fin à sa vie à 100 à l’heure

À 35 ans, Élodie Brocas menait une carrière fulgurante dans le marketing international. Manager reconnue,...
Juliette Mercier Stomie Busy

Stomie Busy : de l’adolescente malade à l’illustratrice qui inspire des milliers de personnes

Juliette Mercier, l’illustratrice qui partage sa vie Juliette Mercier, alias Stomie Busy, raconte sa vie...

Karine, alias Careerkueen : elle a réinventé sa vie pro et inspire des milliers de personnes à suivre le mouvement

Ancienne cadre RH dans de grands groupes internationaux, Karine Trioullier a choisi de quitter la...

Nos vidéos partenaires

Nos derniers articles