Une jeunesse sous le signe du conformisme
Florence Châtaignier a grandi dans une famille qu’elle qualifie de “très classique” mais avec des valeurs “à côté de la plaque”. “Il y avait une envie très très forte d’appartenir, de se conformer, de respecter tout à la lettre”. Élevée par un père qui rêvait d’un garçon et dont les préférence se tournaient vers sa sœur, elle a grandi attachée à un statut de très bonne élève, qui “marchait bien à l’école”.
Ce statut, elle a souhaité le garder tout au long de ses études. Après l’obtention de son baccalauréat et ne sachant pas quoi faire de sa vie, Florence se tourne vers une prépa HEC qu’elle termine en 1 an. Elle rentre ensuite à HEC, où elle se rend compte que ses cours ne l’intéressent pas. Mais impossible pour elle de se réorienter : “J’en ai parlé à mes parents qui m’ont dit : c’est hors de question que tu changes de voie !”.
C’est une discussion avec une amie qui va provoquer un premier déclic. Ayant la possibilité de faire une césure au cours de sa formation, Florence décide de partir en Inde pour travailler auprès d’enfants handicapés. Ce qui ne devait être qu’une parenthèse va s’avérer être une véritable révélation.
Un besoin de faire gagner sa vie
Pourtant, lorsqu’elle rendre de son voyage, Florence ne se voit pas faire carrière dans ce milieu. “Pour moi ce n’était qu’une parenthèse, une expérience (…) Ce n’était pas une carrière où je pourrais gagner ma vie”. Des la fin de ses études, le jeune femme s’oriente vers des métiers rémunérateurs. Des postes prestigieux chez Louis Vuitton et L’Oréal viennent enrichir son CV. Pourtant, derrière cette façade de succès, un sentiment de malaise grandissait. Florence se sentait enfermée dans un rôle qui ne lui correspondait pas vraiment. “Je ne comprenais pas pourquoi ils ne me laissaient pas partir”.
Au bout de trois ans, elle décide de se lancer dans le journalisme, un milieu dans lequel elle se sent finalement à sa place. Mais après quelques années, elle suit son mari à New York où elle obtient un poste de dirigeante au sein d’une société de mode française. Cette période américaine, bien que semblant l’éloigner de sa nouvelle vocation, lui permet de mûrir sa réflexion sur son avenir professionnel. “Dans ma tête, il y avait déjà un peu le milieu de l’autisme, j’ai fait des formations aux Etats-Unis, j’ai fait six mois dans le Brooklyn Autism Center.”
C’est lorsqu’elle revient en France que Florence trouve sa vocation. Emmanuel Chain, avec qui elle a déjà travaillé, lui propose un job au sein de la production de l’émission “Les Rencontres du Papotin”. Cette émission, où journalistes neuro-atypiques interviewent des personnalités, devient un espace d’expression authentique pour la productrice. Florence le sait, elle a enfin trouvé sa place : “Il ne pourrait pas y avoir de meilleur job pour moi, c’est le job de mes rêves !”.
Pour en savoir plus sur son histoire, écoutez son podcast :
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