« Être entrepreneur, c’est le pouvoir de faire »
Pour François Puech d’Allissac, l’envie d’entreprendre remonte à loin. Très tôt, il se voit indépendant. “Être entrepreneur, je dis toujours c’est le pouvoir de faire. C’est quelque chose qui est magique”, explique-t-il. Une conviction profonde qui guidera toute sa carrière.
Après des études commerciales, il démarre à 22 ans comme commercial dans une entreprise spécialisée dans les équipements de protection pour les sapeurs-pompiers. Sur le terrain, il apprend le métier au contact des clients. Rapidement, son tempérament le pousse à vouloir aller plus loin.
À seulement 27 ans, il devient directeur commercial. Un poste qu’il reconnaît aujourd’hui avoir obtenu peut-être un peu tôt. Mais l’ambition est là. Et surtout l’envie de construire.
À 28 ans, il franchit un cap décisif : il rachète le fonds de commerce de l’entreprise pour laquelle il travaille. Sans capital personnel, il réussit à convaincre ses proches et des partenaires financiers. Au fil des années, il développe l’entreprise jusqu’à atteindre 14 millions d’euros et près de 50 collaborateurs.
Le pari risqué du textile made in France
En 2017, l’entrepreneur décide de se lancer dans un nouveau projet : créer une marque de prêt-à-porter inspirée de l’univers des sapeurs-pompiers. L’idée se transforme rapidement en une ambition plus large : fabriquer des vêtements en France.
“Aujourd’hui, créer une marque de prêt-à-porter en France, c’est un pari complètement fou”, reconnaît-il.
Pourtant, il y croit. Il investit dans un atelier, recrute des couturières et développe une production locale. Le projet est ambitieux mais extrêmement coûteux. Pendant plusieurs années, il tente de convaincre investisseurs et fonds d’investissement de le suivre. Sans succès.
Peu à peu, la trésorerie se dégrade. La pression devient quotidienne.
“Le premier truc que vous faites, c’est regarder vos comptes à 5h du matin. Vous ne vivez plus, vous ne pensez qu’à ça”, raconte-t-il.
Après trois années de lutte, il doit finalement se résoudre à placer ses entreprises en redressement judiciaire. Une décision difficile, mais parfois inévitable pour un dirigeant.
Rebondir après l’échec
Pour beaucoup, une telle chute marquerait la fin de l’aventure entrepreneuriale. Pas pour lui.
Quelques mois seulement après la liquidation d’une partie de ses activités, son épouse relance une nouvelle structure. Lui devient salarié de cette nouvelle entreprise. Ensemble, ils repartent de zéro avec un atelier de confection et quelques machines rachetées aux enchères.
Une manière de continuer à défendre ce qui l’anime depuis toujours : entreprendre.