Laurence Cottet

Laurence Cottet : elle brise le silence sur l’alcoolisme féminin

Après avoir sombré dans l'alcoolisme pendant plus de quinze ans, Laurence Cottet, ancienne cadre dans le BTP, a entamé une reconstruction. À 63 ans, elle témoigne pour briser les tabous sur cette addiction souvent silencieuse chez les femmes.

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La descente aux enfers

Pendant plus de quinze ans, Laurence Cottet a vécu une double vie. Cadre supérieure dans l’immobilier et le bâtiment, elle cachait derrière une façade de réussite professionnelle une addiction sévère à l’alcool. Son rapport à l’alcool remonte à l’enfance. Dans une famille marquée par la violence, l’alcool devient rapidement un refuge. À six ans, elle vide les fonds de verre des adultes, puis descend en cachette la nuit pour boire dans le meuble à alcool familial.

Adolescente, c’est l’alcool festif, qui deviendra un outil d’intégration sociale et professionnelle à l’âge adulte. Après le décès brutal de son mari à 35 ans, la consommation s’intensifie. Elle vide seule la cave à vins qu’il lui a laissée. « Ma seule obsession à 36 ans était de savoir comment j’allais maintenir mon taux d’alcool dans le sang », confie-t-elle.

À cela, s’ajoute un traumatisme enfoui, révélé après le suicide de sa sœur : une agression sexuelle subie dans l’enfance. L’alcool devient alors un moyen d’étouffer une souffrance que les mots peinent à exprimer.

Le déclic du 23 janvier 2009

Le point de rupture survient lors d’une soirée professionnelle où, malgré ses précautions, Laurence boit une coupe de champagne. C’est le black-out, la chute physique, la honte. Le lendemain, elle pense mettre fin à ses jours, mais se laisse finalement guider par l’office d’une église. Les mots du prêtre la bouleversent, à tel point qu’elle décide d’arrêter l’alcool. « Je rentre chez moi, je vide toutes mes bouteilles et je me prépare un chocolat chaud. »

Ce jour marque le début d’un long chemin vers la sobriété. Le sevrage est médicalement encadré, mais la reconstruction prendra quinze ans. Entre psychothérapie, prise de parole médiatique (notamment dans « Sept à Huit » sur TF1) et engagements associatifs, Laurence se reconstruit et aide les autres à comprendre l’addiction.

Aujourd’hui, elle joue et participe à un film sur l’alcool au féminin, Des jours meilleurs, actuellement en salle. « J’ai retrouvé ma place dans la société », conclut-elle.

Pour en savoir plus sur son histoire, écoutez son podcast :

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