Les Déviations : En quoi consiste la rénovation énergétique ?
Alice Robinet : Il s’agit de réaliser des travaux d’isolation (murs, toits, sols, fenêtres…) et d’améliorer le système de chauffage, par exemple en remplaçant une chaudière au fioul par une pompe à chaleur. Le diagnostic de performance énergétique (DPE) aide à déterminer si une rénovation est nécessaire.
LD : Quels avantages pour les propriétaires ?
AR : Un logement mieux isolé réduit la consommation énergétique, allégeant ainsi les factures. C’est aussi une question de santé, car une meilleure isolation limite les risques liés à l’humidité et au froid.
LD : Quel type de rénovation est la plus efficace ?
AR : L’idéal est d’enclencher une rénovation globale et non partielle de son logement. Il faut donc réaliser simultanément des travaux sur les différents postes d’isolation : les murs, les fenêtres, le système de chauffage. Coordonner ses travaux maximise l’efficacité de la rénovation, alors qu’agir geste par geste va augmenter le coût des interventions et diminuer l’efficacité, car certains postes ont besoin d’être rénovés en même temps pour de meilleurs résultats.
LD : Quels sont les objectifs fixés en matière de rénovation et par qui ?
AR : La Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC) vise à rénover près de 5 millions de logements et à remplacer 75 % des systèmes de chauffage les plus polluants d’ici 2030, pour diviser par deux les émissions du secteur.
LD : Que faut-il mettre en place pour atteindre ces objectifs ?
AR : Le financement reste un enjeu clé, avec un besoin estimé entre 20 et 30 milliards d’euros par an d’ici 2030. Autre obstacle : la main-d’œuvre. Il faudrait 200 000 recrutements d’ici 2030, voire 600 000 en comptant les départs en retraite.
LD : Quelles solutions pour renforcer l’offre ?
AR : D’abord, il faut agir sur la formation. Il faut en créer et permettre aux artisans actuels de se former aux nouvelles techniques. On peut aussi tenter d’attirer les personnes qui vont enclencher une reconversion professionnelle, notamment celles issues des secteurs qui vont être impactés par la transition écologique.
Et l’autre enjeu, c’est effectivement de rendre plus attractifs les métiers du bâtiment, en améliorant les conditions de travail et le salaire. Ce sont souvent des métiers aux contrats relativement précaires. Il faudrait conclure des contrats un peu plus pérennes qui permettent de mieux se projeter. Il faut aussi adapter le secteur au réchauffement climatique. Ce sont des métiers qui s’exercent en extérieur, des métiers physiques. Ils peuvent donc être compliqués à exercer en cas de fortes chaleurs. Il faut prendre en compte ces facteurs et adapter les périodes de travail et peut-être compenser la pénibilité par les salaires.
LD : Que se passe-t-il si les objectifs ne sont pas atteints ?
AR : Nous prendrons du retard sur nos engagements climatiques. Ça aura aussi des impacts sur les occupants des logements, des bâtiments, qui continueront à être de plus en plus exposés aux effets du changement climatique.
Pour en savoir plus sur son histoire, écoutez son podcast :
Cette interview s’inscrit dans le cadre du projet FARE (Former les Acteurs de la Rénovation Énergétique).
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