Ariane Komorn : du conseil stratégique à l’impact concret
Issue du conseil en stratégie, Ariane évolue d’un univers conceptuel vers une action tangible. Après des années chez McKinsey, le doute s’installe : à quoi sert réellement son travail ? “Moi ce que j’ai envie, c’est d’être entrepreneur, de monter quelque chose de complètement libre…” Bernard Garnier de Labareyre souligne ce mouvement clé : passer de l’analyse à la fabrication. En créant La Solive, Ariane choisit l’impact direct : former aux métiers de la rénovation énergétique pour répondre à l’urgence climatique. L’entrepreneuriat devient ici un levier d’alignement entre convictions et action.
Davy Dao : refuser l’exploitation pour produire autrement
Le déclic de Davy Dao survient au Vietnam, au cœur des ateliers de production. La confrontation avec la réalité sociale et humaine de la chaîne industrielle provoque un rejet immédiat. “Je me dis : ce n’est pas comme ça que j’ai envie de faire.” Pour le coach, Davy incarne une intelligence entrepreneuriale profondément incarnée : comprendre la matière, le geste, mais aussi les conséquences éthiques. Sans projet idéologique au départ, il invente une alternative plus respectueuse, jusqu’à relocaliser sa production. L’entrepreneuriat devient alors un acte politique au sens noble.
Alice : du marketing du tabac à l’aide au sevrage
Pour Alice Denoize, le choc est personnel et moral. Ancienne directrice marketing dans l’industrie du tabac, elle prend brutalement conscience de sa responsabilité. “Ni une ni deux, je crée un site pour aider les gens à arrêter de fumer.” Bernard insiste sur la sincérité de sa démarche : pas de posture moralisatrice, mais une volonté de réparer. Alice retourne ses compétences contre le système qu’elle servait. Se former à la tabacologie renforce sa crédibilité : entreprendre, oui, mais avec rigueur et humilité.
Entreprendre avec conscience
À travers ces trois témoignages, Bernard Garnier de Labareyre dessine une grille de lecture claire : l’entrepreneuriat engagé naît rarement d’une simple idée, mais d’une tension intérieure forte. Il rappelle toutefois un point essentiel : “Attention à ne pas trop fantasmer sur l’entrepreneuriat.” Passer à l’action suppose plusieurs formes d’intelligence : logique, émotionnelle, relationnelle, mais aussi une appétence pour le risque. Lorsque l’envie d’entreprendre est suffisamment “rivée au corps”, alors ce statut devient une évidence.
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