Il a quitté un métier de bureau pour un métier physique : fromager

À 36 ans, Luca Andreolli a troqué son clavier et les salles de rédaction pour un tablier de crémier-fromager. Une reconversion radicale qui illustre le passage d’un métier de bureau à un métier physique, avec ses défis, mais aussi ses immenses satisfactions.

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De la perte de sens au déclic

Ancien journaliste en presse écrite et web, Luca a longtemps apprécié la liberté qu’offre l’écriture et la curiosité qu’impose le métier. Mais écrire jusqu’à dix articles par jour derrière un écran l’a éloigné de ce qu’il aimait : enquêter, rencontrer, raconter. L’arrivée du télétravail à 100 % durant la crise sanitaire a achevé de lui faire perdre goût à ce rythme, trop déconnecté du terrain et des gens. Il a dit stop à ce métier de bureau trop isolé.

Un troisième élément a accéléré sa décision : une clause de cession lui a permis de quitter son poste avec une sécurité financière. C’était l’occasion idéale de se poser les bonnes questions grâce à un bilan de compétences. “Je voulais un métier physique, concret, lié à un produit qui rassemble et crée du lien social”, nous explique-t-il.

Le déclic viendra d’un livre, La révolte des premiers de la classe de Jean-Laurent Cassely. Cet essai raconte la reconversion de professionnels du tertiaire vers l’artisanat. Plusieurs pages étaient consacrées à d’anciens journalistes devenus fromager. L’idée s’impose alors comme une évidence.

Du métier de bureau au métier physique : un changement radical

Reprendre des études, accepter un salaire moindre et un nouveau rythme : Luca n’a pas reculé. Pour son alternance, il a trouvé une place chez Fromager Gautier, à Paris, où il travaille encore aujourd’hui.

La transition n’a pas été sans heurts. “Passer d’un bureau assis à dix heures debout dans le froid d’une halle de marché, ça secoue.” Entre la manutention lourde, les horaires élargis et les week-ends travaillés, les contraintes physiques sont réelles. Mais elles sont compensées par le contact humain, la convivialité avec les collègues et commerçants voisins, et la satisfaction de vendre un produit du terroir qui fait plaisir aux clients.

Dans un bureau, dix heures paraissaient interminables. Ici, elles passent sans que je ne m’en rende compte”, confie-t-il.

Une reconversion, un élan de confiance en soi

Aujourd’hui, Luca savoure sa nouvelle vie. Il a changé de logement pour équilibrer son budget et adapter son quotidien. Il se sent plus libre et confiant dans ses capacités : “Cette reconversion m’a prouvé que je n’étais pas limité à un seul domaine. Je peux en explorer d’autres.” Son rêve : ouvrir sa propre fromagerie, un lieu de sociabilité autant que de gastronomie.


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