De la cosmétique au constat du gaspillage
À 42 ans, Flavie mesure le chemin parcouru. Diplômée d’une école de commerce, elle commence sa carrière dans le conseil à Paris, puis part vivre en Australie. Là-bas, elle rejoint une grande marque de cosmétiques : un secteur qu’elle découvre de l’intérieur, entre marketing et prévisions de vente.
Mais au fil des années, le vernis s’écaille. Elle observe les stocks de produits jetés, les emballages plastiques accumulés et les campagnes de renouvellement à outrance. « C’était un tel gâchis, confie-t-elle. Il y a un moment où j’ai compris que quelque chose ne tournait pas rond.«
Ce premier déclic la pousse à s’interroger sur sa place dans un système de surconsommation. Puis vient un second choc, bien plus visuel : son expatriation en Inde. À Bombay, elle découvre une mégalopole étouffée par la pollution et le plastique. « Les arbres étaient recouverts de déchets. On ne pouvait même pas se baigner dans la mer« , raconte-t-elle. Ces images s’impriment durablement dans son esprit.
“J’avais besoin de faire quelque chose qui reste”
De retour en France, Flavie entame un virage écologique dans son quotidien : courses en vrac, zéro déchet, consommation raisonnée. Mais son emploi, lui, ne suit plus. « Je ne pouvais pas être alignée dans ma vie personnelle et pas dans ma vie pro « , explique-t-elle. Cette dissonance devient trop lourde à porter. Elle quitte son poste, fait un bilan de compétences et découvre la formation La Solive, qui forme aux métiers de la rénovation énergétique.
Ce qu’elle ressent alors, c’est une évidence : depuis l’enfance, elle aime bricoler, observer les chantiers, voir naître quelque chose de tangible. « J’avais besoin de faire quelque chose qui reste. Le bâtiment, c’est concret, ça se voit, ça s’habite.«
Aujourd’hui cheffe de projet en rénovation à Lyon, Flavie accompagne les copropriétés dans leurs travaux pour améliorer le confort des habitants et réduire leur impact énergétique.
Un métier de terrain, utile et durable : tout ce qu’elle recherchait.
Construire du sens
Sa reconversion est aussi une réparation intérieure. Après des années à vendre des produits éphémères, Flavie s’investit désormais dans des projets qui durent. « On améliore la vie des gens, on rénove plutôt que de détruire.«
Son parcours illustre une tendance de fond : celle de nombreux cadres qui quittent les métiers abstraits pour des métiers manuels ou concrets, porteurs de sens.
Flavie ne l’exprime pas comme un grand geste militant, mais comme une nécessité intime : « J’avais besoin d’aligner mes valeurs avec mon quotidien. »
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