Sébastien Matykowski : avec Galoche et Patin, il embrasse une nouvelle carrière

En 2020, Sébastien Matykowski troque le costume pour le tablier en cuir… En créant sa cordonnerie en ligne, cet homme d’affaires a voulu insuffler davantage d’authenticité à sa vie professionnelle et rééquilibrer sa vie personnelle.

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En 2020, Sébastien Matykowski troque le costume pour le tablier en cuir… En créant sa cordonnerie en ligne, cet homme d’affaires a voulu insuffler davantage d’authenticité à sa vie professionnelle et rééquilibrer sa vie personnelle.

Par Cécile Fournier.

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Entreprendre autrement. C’est cette raison qui a poussé ce banquier d’affaires à tout quitter après quinze ans à la tête de sa florissante entreprise, Capival. Fin 2019, Sébastien Matykowski décide de vendre les parts de sa société à ses associés pour mettre les mains dans le cuir, en créant une cordonnerie en ligne.

« J’avais envie de quelque chose de concret  », confie cet homme de 42 ans.

« Quand on est banquier d’affaires, on vient magnifier, porter le projet imaginé par quelqu’un d’autre, mais on n’est à pas l’origine de l’idée. Et puis au fil des années, les équipes de Capival ont grossi et cela a ajouté d’autres contraintes. Il fallait faire du chiffre, ne serait-ce que pour payer tout le monde. J’ai fini par ne plus avoir de réel plaisir à soutenir des entreprises dans lesquelles je croyais. »

Et l’entrepreneur, issu du milieu ouvrier dunkerquois, de confier : « J’avais envie de plus d’authenticité, de prendre un peu plus de risque et surtout de créer. Je ne voulais pas attendre dix ans pour atteindre le top de la hiérarchie. » 

L’appel de Galoche et Patin

Au printemps 2020, en plein confinement, l’idée de ce qui deviendra un peu plus tard Galoche et Patin commence à germer. « En discutant avec deux ou trois cordonniers que j’avais sollicités, j’ai constaté que le savoir-faire était en train de disparaître. Il n’y avait quasiment plus de formation, de compagnonnage. Autre constat : le marché n’était ni digitalisé ni structuré. »

En janvier 2021, avec 50 000 € de capital de départ, le voilà donc lancé dans une toute nouvelle aventure. « Je suis devenu, au fil des ans, un amoureux de la chaussure. C’est quand même une des façons d’exprimer sa personnalité… », surtout dans les fonctions qu’il a pu occuper auparavant où le costume-cravate était de rigueur. « Personnellement, je porte des petites bottines. Je trouve ça chic et casual sans être ostentatoire, et c’est confortable. Cela dit de moi que je suis quelqu’un qui cherche à être élégant sans se prendre au sérieux. »

Pour apprendre son nouveau métier, Sébastien fait le choix se former sur le tas. « J’ai recruté des gens du métier, souvent formateurs au compagnonnage, des chefs d’atelier et des chefs cordonniers, issus de grandes maisons. Et c’est auprès d’eux que j’ai appris et que je continue d’apprendre ce métier. » Et d’ajouter fièrement : « Je peux totalement disséquer une chaussure aujourd’hui et j’aime particulièrement le ressemelage. »

Ce qui ne l’empêche pas d’admettre modestement qu’il lui reste encore une belle marge de progrès. Malgré ce tournant professionnel, son ancienne vie n’est pas si loin. Ses expériences passées, comme auditeur chez Mazars puis comme banquier d’affaires, sont utiles à sa nouvelle activité. Diriger une équipe, intégrer de nouveaux collaborateurs, les faire adhérer à son projet, utiliser des leviers numériques, organiser la logistique… tous ses savoirs lui ont fait gagner un temps précieux. 

Carpe Diem… 

Parallèlement à cette mue professionnelle, c’est aussi dans sa vie personnelle qu’il faut chercher la réelle transformation. « J’ai une sensation de plus grande sérénité car je me sens aligné, et comme je partage la même passion avec l’équipe et les clients, les relations sont plus conviviales et faciles, reconnaît-il. C’est un rééquilibrage de vie : mon quotidien est aussi intense qu’avant, mais mes journées ne débordent plus jamais sur le soir ou le week-end. Avant, je travaillais, je dinais, je retravaillais. » Résultat : Sébastien Matykowski s’octroie plus de temps avec ses deux enfants et peut désormais pratiquer les sports qu’il affectionne particulièrement, à savoir le cyclisme, l’escalade et la course à pied.

Ce qu’il ne faisait plus depuis longtemps. C’est donc un homme et un entrepreneur épanoui. En l’espace de deux ans, il peut se vanter d’être à la tête d’une entreprise qui a le vent en poupe. « Nous sommes aujourd’hui presque une quinzaine et nous continuerons d’embaucher en 2023. Nous sommes au début d’une vague sur laquelle les industries de la mode, du réemploi et de la réparation vont vraiment décoller. On est, je l’assure, au début de l’aventure et je pense qu’on ne va vraiment pas s’ennuyer. »

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