Une appétence tardive pour les travaux manuels
Thibaut Martinage, consultant et formateur dans le secteur du bâtiment a découvert sa passion pour ce domaine assez tardivement. Originaire de Paris, il s’inscrit à l’université pour étudier le sport, mais abandonne après deux mois, n’y trouvant pas d’intérêt. Bien qu’il sache ce qu’il ne souhaite pas faire, il lui reste encore à découvrir sa voie.
« J’avais un pote, qui avait un oncle qui avait créé des entreprises de lignes de vêtements et il gérait des gars et je m’étais dit peut-être que plus tard, j’aimerais bien moi aussi créer mon entreprise et me lancer dans un sujet que j’aimerais bien. »
Inspiré par le parcours de l’oncle d’un ami, Thibaut se lance dans des études en gestion d’entreprise afin d’acquérir les compétences nécessaires. Il s’intéresse au droit, à la comptabilité et au marketing, mais ressent un manque d’aisance manuelle. Ce fut un véritable déclic. Il veut un métier concret.
Guidé par l’actualité, il s’intéresse naturellement à l’écologie. Un livre, No Impact Man de Colin Beavan, publié en 2010, lui ouvre les yeux sur le sujet, notamment sur l’avance des américains sur les énergies renouvelables comme les panneaux solaires. Thibaut pense avoir trouvé une belle opportunité. Il se projette dans l’avenir, avec toujours en tête, l’idée de créer sa propre entreprise. Thibaut sait qu’il doit d’abord acquérir de bonnes bases. Son père, travaillant dans le BTP, l’aiguille dans ses recherches. Il intègre alors un CAP chez les Compagnons du Devoir. Il découvre la complexité et la richesse de ce métier, bien loin des idées reçues qu’il avait pu avoir.
Une expertise multiple au service de l’écologie
Thibaut comprend très vite que son CAP ne lui suffit pas. En intégrant un DUT en alternance en “génie technique en énergie”, il élargit rapidement son horizon et se fixe un objectif ambitieux : devenir un véritable couteau suisse de la rénovation énergétique. Il est accepté et trouve rapidement une entreprise spécialisée dans le solaire. A la suite de cette nouvelle formation, il souhaite obtenir une dernière compétence : la pompe à chaleur.
« Et dans la rénovation énergétique, tu as un peu quatre grandes familles : le gaz, le bois, le solaire et la pompe à chaleur. Moi, il me manquait la pompe à chaleur. (…) Si j’arrive chez un client qui veut faire des économies d’énergie et rénover sa maison, je ne pourrais pas juste lui dire, moi mon expertise c’est le solaire, il faut que tu mettes du solaire. »
Poussé par son envie de répondre aux besoins spécifiques de chaque client et de proposer des solutions sur-mesure pour réduire leur impact énergétique, Thibaut trouve un travail en tant que technicien poseur de pompes à chaleur (PAC).
Afin d’acquérir toute l’expertise nécessaire, il travaille dur pendant quatre ans. C’est pendant cette période que la dimension entrepreneuriale qui l’avait d’abord poussé vers la gestion s’efface peu à peu pour laisser place à une autre passion : la transmission de son savoir-faire. Son entreprise lui propose alors de devenir formateur certifié pour enseigner le métier de poseur de PAC.
A travers ces formations, Thibaut Martinage aspire aujourd’hui à donner une autre image du secteur du BTP, encore souvent perçu comme une voie de secours pour les élèves en difficulté. Il souhaite valoriser ce secteur, montrant que ces métiers techniques offrent de réelles perspectives d’évolution et des salaires attractifs. Il espère inspirer d’autres personnes à considérer le secteur sous un nouvel angle, qu’elles soient en pleine reconversion ou en quête de sens dans leur carrière.
Pour en savoir plus sur son histoire, écoutez son podcast :
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Ce témoignage a été réalisé en partenariat avec le projet FARE (Former les Acteurs de la Rénovation Énergétique).