Basculons ! La déviation par le combat climatique

Couverture du livre Basculons !

Abandonner l'espoir pour le courage et porter un propos plus radical. (...) Regarder la situation avec lucidité" et de "ne plus se mentir"

Le monde bascule dans l’enfer du réchauffement climatique. On le sait, les jeunes sont particulièrement sensibilisés et engagés. Il en est de leur avenir, et celui de notre planète. Ce combat nécessite l’union de tous. C’est le message que cherchent à faire passer Maxime Olivier et Tanguy Descamps dans leur livre, « Basculons ! Dans un monde vi(v)able » – Editions Actes Sud- qui place le combat climatique au coeur du changement de vie.

Les auteurs :

Tanguy Descamps est un jeune homme convaincu de la nécessité d’une radicalité raisonnable. Riche des connaissances accumulées ces dernières années et de l’aventure la Bascule, il est engagé au quotidien pour faire advenir ce monde vi(v)able. Aujourd’hui il partage son temps entre l’écriture, donnant vie à des récits à même de mobiliser, et la sensibilisation aux enjeux écologiques et de résilience alimentaire. 


Maxime Ollivier est un jeune citoyen engagé pour la bascule de notre société. Après avoir milité à Toulouse au sein du mouvement des grèves pour le climat, il a vécu l’aventure la Bascule et coordonné des actions d’Extinction Rébellion à l’international. Au sein de la Primaire Populaire, son action immédiate s’applique à faire accéder l’écologie et la justice sociale au pouvoir en 2022.

Un cahier militant collectif : le pitch

Face à la gravité des crises écologiques et l’accroissement des inégalités, de jeunes citoyens se lèvent.
Trente d’entre eux, âgés de 18 à 33 ans, racontent l’histoire de leur bascule. Du lycée à l’agroécologie, des études supérieures aux grèves pour le climat, de Polytechnique aux tiny houses, de la banque aux actions de désobéissance civile, on découvre les prises de conscience, les doutes et les rêves d’une génération happée par les bouleversements du monde et confrontée aux limites planètaires.
Tout au long du livre, des députés, agronomes, journalistes et autres acteurs des transitions, plus âgés, portent leurs regards sur ces engagements et tracent des perspectives pour une action intergénérationnelle.
Cette génération Bascule, sous les arbres qu’on abat, fait partie de cette forêt qui pousse, bruissante, galopante, bientôt évidente. Il y a forcément un peu d’eux en chacun de nous.

Rencontre avec les auteurs :

Les Déviations : Comment vous est venue l’idée de ce livre que l’on peut présenter comme un cahier militant collectif ?

Maxime Olivier : Nous avons recueilli de nombreux témoignages. A l’origine, notre projet n’était pas d’écrire un livre, mais à force de parler d’environnement, d’échanger avec des militants et d’être confrontés à des personnes qui travaillent dans les métiers liés à l’écologie, nous avons eu assez de matière pour écrire “Basculons”. Des personnes engagées ont pris aussi la plume et nous publions leurs tribunes.

“Un monde vivable et viable…”

LD : Que signifie le « v » entre parenthèses dans le titre de votre livre ?Basculons ! Dans un monde Vi(V)able.

Tanguy Descamps :  Le « v » entre parenthèses est là pour créer deux mots en un. Ainsi notre titre de livre signifie aussi bien « Basculons ! Dans un monde vivable », que « Basculons ! Dans un monde viable ». Pour nous un monde vivable n’est rien si tout ce qui est mis en place pour l’améliorer n’est pas viable.

LD  : Vous vous intéressez beaucoup aux profils reconvertis dans l’écologie ou l’environnement ?

TD : Toutes les personnes qui témoignent dans “Basculons !” ont opéré une transition vers des activités professionnelles ayant trait à l’écologie ou à la justice sociale. Toutes et tous inscrivent cet engagement dans leur quotidien. Par exemple, certaines deviennent paysans en agro-écologie ou juristes pour la reconnaissance du crime d’écocide. D’autres accompagnent la redirection écologique des entreprises ou s’engagent en politique pour mettre en place des lois respectant les limites planétaires.

Une génération sensibilisée à… différents degrés…

LD : Avez-vous rencontré des climato-sceptiques ?

MO : Nous n’avons pas rencontré de personnes dites climato-négationniste (terme plus approprié que climato-sceptique selon nous). Parmi les acteurs des transitions ayant écrit, Jean-Marc Gancille nous bouscule en nous demandant d’abandonner l’espoir pour le courage et de porter un propos plus radical, vraiment en phase avec la situation catastrophique que nous traversons. C’est un texte très fort du livre, que nous avons gardé tel quel car il est nécessaire ! Il fait partie de ces textes qui mettent l’accent sur la nécessité de “regarder la situation avec lucidité” et de “ne plus se mentir”.

LD : Votre livre contient aussi beaucoup de témoignages de jeunes ?

TD : L’âge moyen des différents profils varie entre 18 et 33 ans. Ce qui nous a marqués avec cette jeune génération est son réalisme et son pragmatisme. Elle cherche à troquer l’espoir pour le courage. Ils ont tous conscience de la gravité de la situation climatique, mais s’arment de responsabilités joyeuses. Ils veulent mettre de la joie et de l’enthousiasme. S’engager collectivement avec l’espoir de concrétiser les actions. Après il faut rester prudent : cette génération ne correspond qu’à une partie de la jeunesse française.

Proposer un autre monde..

LD : ne cherche-t-elle pas à mobiliser le reste de cette génération ?

MO : Bien sûr, la “génération climat” représente une partie de la jeunesse. En effet, le projet de la bascule écologique est de nous rassembler sur l’essentiel : se nourrir, boire, se loger, se déplacer (un minimum), avoir accès à de la convivialité, s’épanouir dans une activité utile et sensée. Un tel projet, respectueux des limites planétaires, a l’envie et la capacité de mobiliser toute notre génération, ainsi que les autres générations. Maintenant, cela ne se fera pas du jour au lendemain, et nécessite une vision stratégique pour embarquer le plus largement possible tout en restant à la hauteur des enjeux. On est convaincus qu’avec la crise de sens, le Covid, les évènements écologiques, de plus en plus de personnes sentent que “quelque chose ne tourne pas rond” et qu’il y a matière à leur proposer un autre monde.

LD : Par quel profil d’une personne qui a fait une déviation dans l’écologie, avez-vous été marqués ?

TD : Par l’histoire d’Astrid qui, après avoir travaillé dans le marketing d’une grande entreprise du numérique, a décidé de partir en quête de sens sur les routes, à la rencontre des agriculteurs. Depuis, elle a créé un atelier de sensibilisation appelé “La Fresque Agri’Alim” qui a pour but de faire comprendre l’impact de nos systèmes alimentaires sur les limites planétaires. Elle travaille également au sein d’une structure, “Ferme enVie”, qui accompagne des collectifs souhaitant s’installer en agroécologie.

Sensibiliser encore et encore…

LD : Comment expliquez-vous que la jeunesse soit beaucoup plus mobilisée que les générations plus âgées sur cette question du climat ?

MO : Pour nous, ce ,n’est pas normal que ce soient les jeunes générations qui tirent la sonnette d’alarme même si ce combat touche toutes les générations. La différence de mentalités et d’actions s’explique d’après nous par le fait que les jeunes adultes ne sont pas encore formatés par un système, avec moins d’attachements vis-à-vis de la société.

TD : Je ne suis pas étonné que la jeunesse prenne les devants même si toutes les générations doivent prendre leurs responsabilités. Il n’est pas encore trop tard, mais nous n’avons pas le temps d’attendre que la jeune génération monte au pouvoir. Ce combat doit avoir lieu dès aujourd’hui, car on a plus le temps.

LD : Quel message souhaitez-vous faire passer avec ce livre ?

TD : Nous cherchons à sensibiliser le plus de monde possible. C’est un appel pour une action intergénérationnelle. En plus de notre ouvrage, nous participons aussi à beaucoup d’évènements. Depuis début Avril nous sommes intervenus plus d’une vingtaine de fois aussi bien dans des librairies que dans des écoles. Nous aimerions le faire, dans un avenir proche, dans des entreprises ou dans des universités, qui se sentent moins concernées par ce combat, pensons nous.

MO : Le « Faire Ensemble » sera d’autant plus joyeux avec une meilleure prise de responsabilité et cet échange entre deux générations.

Propos recueillis par Nicolas Sartel.

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