Les premiers symptômes
Anaïs Nighoghossian grandit dans un climat d’exigence. Ses parents ne valident qu’un seul modèle de réussite : faire partie de l’élite française. A 11 ans, elle s’imagine déjà intégrer l’ENS et fêter sa réussite au bar du Ritz avec son père.
« Je recherche la performance, je recherche la validation de mes professeurs. »
A l’adolescence, le corps d’Anaïs se transforme, et les premiers symptômes de l’anorexie apparaissent. Elle ne devient plus que l’ombre d’elle-même.
Internée en hôpital psychiatrique à 17 ans, elle témoigne sans tabou sur la réalité d’une vie en isolement et le souvenir humiliant de ses 4 mois d’hospitalisation à Lyon pour cause de troubles alimentaires aigus.
« Le changement de morphologie est ce qui va déclencher chez moi une forme d’insécurité. »
La vie après l’internement
« Je me retrouve enfermée pendant quatre mois et demi dans cette chambre de huit mètres carrés. Dans une clinique insalubre, vétuste. La porte est fermée 24h / 24h. Les fenêtres sont condamnées. Je ne peux pas me laver. Il n’y a même pas de toilettes. »
Vulnérables et démunis, ses parents, pourtant médecins, ignorent tout des protocoles de l’institution.
Anaïs sortira de cet enfer au bout de 4 mois, mais les blessures, elles, resteront gravées à vie.
Malgré la maladie, la vie d’Anaïs reprend son cours. Elle parvient à intégrer une grande école des Sciences de l’Information, et poursuit son chemin professionnel dans le monde de la communication. Sa maladie restera cachée aux yeux de tous, elle n’en parlera plus.
Le déclic
« Je vais être exposée, je cherche l’exposition. »
Mais à 30 ans, c’est le déclic : Anaïs Nighoghossian décide de se prendre en main. Après de multiples traumatismes et de profondes blessures, elle refuse la fatalité. Elle s’acharne, se soigne, se répare et guérit au bout de 2 ans.
Aujourd’hui enseignante au Celsa et directrice de la communication d’une marque de luxe française, Anaïs revit, et témoigne : « Il ne faut jamais rien lâcher. »
« Je sens une nouvelle énergie en moi parce qu’il y a de l’espoir. »
Par Myriam Amossé