Céline Alix, d’avocate d’affaires à traductrice

Physiquement, c'était super épuisant. Moralement, je n'arrivais pas à recharger mes batteries. Combien de temps, allais-je tenir comme ça ?

Issue d’un milieu qu’elle qualifie de « privilégié », Céline Alix a toujours été l’une des meilleures élèves de sa classe. Très jeune, elle prend son père en modèle de réussite professionnelle. Elle se lance dans des études de droit et d’anglais, langue qu’elle parle déjà couramment. Bien qu’elle n’ait pas envisagé une carrière d’avocate, au cours de ses études, son père lui trouve un stage dans un cabinet d’avocats à Londres.

“On travaillait tard la nuit et pendant nos week-ends”

Une première expérience convaincante lui ouvre les portes du cabinet du même nom en France. Elle découvre un travail à la fois excitant, mais aussi exténuant : « je n’avais jamais imaginé qu’on puisse travailler comme ça. On travaillait tard le soir et parfois même toute la nuit, ainsi que pendant nos week-ends».

Deux mois plus tard, elle passe le concours d’entrée dans les écoles du barreau qu’elle obtient, la menant à devenir avocate collaboratrice dans le même cabinet qui l’avait prise en stage à Paris. « On était beaucoup de jeunes, donc il y avait un côté assez sympa, on était tous ensemble le soir, on se commandait des pizzas, des sushis, on partait faire des auditions en province ».

“J’ai commencé à accuser le coup”.

Deux ans plus tard, l’associé avec qui elle travaille lui propose de le suivre dans un nouveau cabinet américain pendant 6 mois. A New York, elle réalise qu’elle doit travailler encore plus qu’en France. « Je pense que c’est là-bas que j’ai commencé à accuser le coup physiquement ».

Son petit ami de l’époque trouve un emploi à Washington et elle décide de le suivre. Elle y découvre qu’on peut être avocate et avoir des horaires normaux.

C’est au bout de 4 ans qu’elle décide de rentrer en France : « Je n’étais plus avec mon copain de l’époque, donc je me suis dit : « soit je fais ma vie à Washington, soit je rentre en France ». De retour dans l’hexagone, retrouve trop rapidement un rythme de travail conséquent qui ne lui convient plus : « mon collègue avait pris l’habitude de m’appeler tous les jours à 23h30 pour faire le point et je n’en pouvais plus ». Elle demande à être dessaisie du dossier qui lui a été confié. Son patron lui explique que cette décision aura un impact négatif sur sa carrière. L’obligeant de demander à être mise en support des autres avocats. Ce qu’elle fera pendant un an et demi, période pendant laquelle elle rencontre son mari et donne naissance à sa fille.

Elle fait un nouveau « pas de côté » en acceptant de prendre un poste à l’Autorité des Marchés Financiers. Une nouvelle expérience très courte, qui lui permet de préparer sa vraie déviation.

C’est grâce à ce très mauvais emploi, qu’elle monte sa propre entreprise de traductrice juridique et qu’elle a donné un tout autre sens à sa vie. Elle est alors âgé de 36 ans. “Aujourd’hui, je suis en totale harmonie avec mes convictions. Il ne faut pas hésiter à suivre sa voie, et dire :”merci, non merci”.

Céline Alix est l’auteur du livre “Merci, non Merci. Comment les femmes redessinent la réussite sociale. Editions Payot.

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