« On travaillait tard la nuit et pendant nos week-ends »
Une première expérience convaincante lui ouvre les portes du cabinet du même nom en France. Elle découvre un travail à la fois excitant, mais aussi exténuant : « je n’avais jamais imaginé qu’on puisse travailler comme ça. On travaillait tard le soir et parfois même toute la nuit, ainsi que pendant nos week-ends».
Deux mois plus tard, elle passe le concours d’entrée dans les écoles du barreau qu’elle obtient, la menant à devenir avocate collaboratrice dans le même cabinet qui l’avait prise en stage à Paris. « On était beaucoup de jeunes, donc il y avait un côté assez sympa, on était tous ensemble le soir, on se commandait des pizzas, des sushis, on partait faire des auditions en province ».
« J’ai commencé à accuser le coup ».
Deux ans plus tard, l’associé avec qui elle travaille lui propose de le suivre dans un nouveau cabinet américain pendant 6 mois. A New York, elle réalise qu’elle doit travailler encore plus qu’en France. « Je pense que c’est là-bas que j’ai commencé à accuser le coup physiquement ».
Son petit ami de l’époque trouve un emploi à Washington et elle décide de le suivre. Elle y découvre qu’on peut être avocate et avoir des horaires normaux.
C’est au bout de 4 ans qu’elle décide de rentrer en France : « Je n’étais plus avec mon copain de l’époque, donc je me suis dit : « soit je fais ma vie à Washington, soit je rentre en France ». De retour dans l’hexagone, retrouve trop rapidement un rythme de travail conséquent qui ne lui convient plus : « mon collègue avait pris l’habitude de m’appeler tous les jours à 23h30 pour faire le point et je n’en pouvais plus ». Elle demande à être dessaisie du dossier qui lui a été confié. Son patron lui explique que cette décision aura un impact négatif sur sa carrière. L’obligeant de demander à être mise en support des autres avocats. Ce qu’elle fera pendant un an et demi, période pendant laquelle elle rencontre son mari et donne naissance à sa fille.
Elle fait un nouveau « pas de côté » en acceptant de prendre un poste à l’Autorité des Marchés Financiers. Une nouvelle expérience très courte, qui lui permet de préparer sa vraie déviation.
C’est grâce à ce très mauvais emploi, qu’elle monte sa propre entreprise de traductrice juridique et qu’elle a donné un tout autre sens à sa vie. Elle est alors âgé de 36 ans. « Aujourd’hui, je suis en totale harmonie avec mes convictions. Il ne faut pas hésiter à suivre sa voie, et dire : »merci, non merci ».

Céline Alix est l’auteur du livre « Merci, non Merci. Comment les femmes redessinent la réussite sociale. Editions Payot.