Des débuts dans le journalisme
Née d’un père aventurier et d’une mère hôtesse de l’air, Charlotte Montpezat a grandi dans un environnement à la fois stimulant et déroutant. « Vivre avec un aventurier comme père, c’est à la fois formidable et pas très simple ». Dès l’enfance, elle apprend à être attentive, à repérer les signaux faibles, à changer rapidement de cap. Un héritage qui façonnera toute sa vie professionnelle.
C’est presque par hasard que Charlotte s’inscrit à la Sorbonne en histoire de l’art. « J’ai vu une fille que je connaissais, je lui ai demandé ce qu’elle faisait. Elle m’a dit « histoire de l’art ». J’ai dit OK, ça a l’air chouette. » Ce choix spontané lui ouvre pourtant les portes de six années passionnantes, et d’une spécialisation en art contemporain.
Grâce à un coup de pouce de son père, elle entre chez Canal+ à ses débuts, au milieu des années 1980. Elle y découvre un univers créatif en pleine effervescence : « On était une bande de dingues. On vivait ensemble, on dînait ensemble. Tout était possible. » Charlotte gravit les échelons, travaillant sur plusieurs émissions emblématiques.
L’expatriation comme moteur
Un appel de son mari l’emmène en Asie. Enceinte, elle quitte tout pour Hong Kong. Là encore, pas question de rester inactive : « Il est hors de question que je sois une femme d’expat. » Elle crée un magazine économique pour la Chambre de commerce, sans aucune expérience préalable. « J’avais 25 ans, j’y connaissais rien, et je l’ai fait. »
Départ ensuite pour Singapour. Elle y devient enseignante d’histoire-géographie dans un lycée français, avec « un enfant d’un an et un autre de deux semaines ». Une nouvelle vocation, encore une, découverte dans l’urgence.
Retour en France : une nouvelle mue
Revenue à Canal+, elle repart de zéro. « J’ai créé un magazine à Hong Kong, mais là, je suis rédactrice au journal de la com. Tu baisses la tête, tu bosses. » Petit à petit, elle monte les échelons, dirige la communication interne, puis s’occupe du repérage des talents pour le groupe.
Mais en parallèle, elle entame une psychanalyse. Ce travail sur elle-même devient vite une passion intellectuelle. « J’ai commencé à assister à des séminaires, à me former. » Et surtout, elle sent que ce chemin-là est le bon. « Je sais qu’un jour je serai psychanalyste, sinon je ne me donnerais pas autant de mal. »
Le saut vers l’essentiel
Un plan social chez Canal lui permet de changer de vie. Elle suit une formation à l’INSEAD pour devenir executive coach, puis assume enfin son désir profond : devenir psychanalyste. « C’est presque une de mes premières clientes de coaching qui a fait basculer le travail. Je me suis rendu compte que ce serait beaucoup plus efficace en tant qu’analyste. »
Ce tournant lui permet aussi de prendre la parole sur des sujets qui la touchent : les femmes de plus de 50 ans dans le monde du travail. Elle publie Les Flamboyantes, qui lui apporte visibilité et premières missions.
Aujourd’hui, Charlotte Montpezat exerce à la fois comme psychanalyste et executive coach. Deux pratiques qu’elle concilie, malgré leurs apparentes contradictions : « Il faut être un peu schizophrène pour faire les deux. »
Sa vie est profondément transformée. « Est-ce qu’elle est mieux ? Elle est mieux parce que je suis dans mon désir. » Travailler seule n’est pas toujours facile, mais elle assume cette nouvelle vie. « J’ai toujours eu l’impression d’être une usurpatrice à la télévision. Là, c’est bon. »
À 55 ans, elle se lance sans filet, mais avec lucidité. « J’avais calculé les risques. Et au pire, je redeviendrais vendeuse. Au moins, j’aurais essayé. » Une phrase qui résume toute une philosophie de vie, basée sur le courage, la curiosité et une quête inlassable de sens.
Pour en savoir plus sur son histoire, écoutez son podcast :
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