Les choix inspirés par la quête de sens ont-ils un impact sur les inégalités salariales homme-femme ?

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Seulement 16,7% des diplômés se tournent vers les métiers de production.

Elles n’expliquent certainement pas tout, mais certaines tendances commencent à jouer un rôle assez clair dans les inégalités salariales homme-femme de plusieurs carrières. Notamment dans les filières techniques. Les conclusions que l’on peut tirer de la lecture de la 34ème enquête annuelle de l’Observatoire des ingénieurs et scientifiques de France en donnent un exemple.

Un article paru sur le site « Les Techniques de l’Ingénieur » le 11 octobre 2023 dresse un constat intéressant de la place que prend l’éthique dans le choix de carrières fait par les ingénieurs. Intitulé « Les Ingénieurs et Scientifiques de France en 2023, entre décarbonation et quête de sens », il met en lumière plusieurs tendances dans le domaine de l’ingénierie.

Les métiers d’ingénieurs, malgré les perspectives qu’ils offrent tant sur le plan de l’emploi que sur celui des salaires, attirent moins qu’avant. La réforme du lycée en 2019 et celle du baccalauréat en 2021, qui dépriorisent les mathématiques dans les cursus scolaires, y sont pour quelque chose, évidemment. Mais elles ne semblent pas être les seules responsables.

Nombre de cadres et de professionnels du service viennent se reconvertir

En effet, l’éthique au travail devient une préoccupation croissante parmi les ingénieurs. 77% d’entre eux s’y disent suffisamment sensibles pour en faire un facteur de décision dans leur carrière. Contrairement à ce que nous constatons dans des métiers plus manuels où nombre de cadres et de professionnels du service viennent se reconvertir, seulement 16,7% des diplômés se tournent vers les métiers de production.

On a souvent souligné sur Les Déviations que le caractère concret de la fabrication venait pourtant renforcer le sentiment d’utilité des employés. Ce qui devrait renforcer son attractivité.
Mais la désindustrialisation qui a frappé la France ces 40 dernières années a vraisemblablement joué sur l’imaginaire des jeunes ingénieurs qui préfèrent se consacrer à d’autres carrières.

Et c’est chez les femmes que le décrochage est le plus marqué. Alors qu’elles étaient de mieux en mieux représentées dans les écoles d’ingénieurs et dans l’industrie, la tendance s’est brutalement inversée.
Par aspiration éthique, notamment, elles s’orientent davantage vers les sciences de la vie ou de la terre, spécialités moins bien rémunérées. Tandis que les hommes sont majoritaires dans l’électronique, la mécanique et l’informatique qui offrent des salaires et des perspectives de carrière bien plus prometteuses.

Des choix personnels tout à fait légitimes. Mais qui viennent peser sur l’efficacité des politiques qui visent à atteindre une société plus égalitaire d’un point de vue salarial.

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