Les effets délétères de l’ignorance sur l’engagement au travail

Lors d'une expérience, des étudiants volontaires du MIT sont payés pour exécuter une tâche fastidieuse : repérer 2 mêmes lettres consécutives dans une page de lettres aléatoires. Ils sont rémunérés à la page déchiffrée, avec une rémunération qui décroît à chaque fois, afin de mesurer combien de pages ils acceptent d’analyser dans les différents scénarios.

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On a ainsi analysé les comportements de 3 groupes distincts : 

  • Groupe 1 : le volontaire écrit son nom sur la feuille analysée, que l’encadrant regarde et pose sur une pile de feuilles. 
  • Groupe 2 : le volontaire n’écrit pas son nom et l’encadrant pose la feuille sur la pile sans même la regarder. 
  • Groupe 3 : le volontaire n’écrit pas non plus son nom et l’encadrant met directement la feuille à la broyeuse sans la regarder. 

Les résultats ont été sans appel :

Les étudiants du premier groupe s’arrêtent à 9 feuilles en moyenne. 

Ceux du second groupe s’arrêtent à 6,77 feuilles en moyenne. 

Ceux du troisième groupe s’arrêtent à 6,34 feuilles en moyenne. 

Nous pouvons donc tirer 2 conclusions intéressantes de cette expérience :

  1. La reconnaissance même minimale d’un travail vaut évidemment mieux que la broyeuse. 
  1. L’ignorance est toxique pour l’engagment. Le nombre de feuilles varie peu entre le 2ème et le 3ème groupe. Ignorer le travail d’un salarié revient quasiment à le détruire sous ses yeux.

Le besoin de reconnaissance au travail ne doit donc pas être pris à la légère. C’est un facteur fondamental d’engagement et de sens pour les travailleurs. 

Plus globalement, le sens au travail est comme un château de cartes : il peut être aussi facile à détruire qu’il est difficile à construire.

Ainsi, un manager soucieux du sens au travail peut s’inspirer de la règle des médecins, exprimée au début du serment d’Hippocrate :  « primum non nocere », commencer par ne pas nuire. 

Source : Rapport “du sens à l’ouvrage

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