On a ainsi analysé les comportements de 3 groupes distincts :
- Groupe 1 : le volontaire écrit son nom sur la feuille analysée, que l’encadrant regarde et pose sur une pile de feuilles.
- Groupe 2 : le volontaire n’écrit pas son nom et l’encadrant pose la feuille sur la pile sans même la regarder.
- Groupe 3 : le volontaire n’écrit pas non plus son nom et l’encadrant met directement la feuille à la broyeuse sans la regarder.
Les résultats ont été sans appel :
Les étudiants du premier groupe s’arrêtent à 9 feuilles en moyenne.
Ceux du second groupe s’arrêtent à 6,77 feuilles en moyenne.
Ceux du troisième groupe s’arrêtent à 6,34 feuilles en moyenne.
Nous pouvons donc tirer 2 conclusions intéressantes de cette expérience :
- La reconnaissance même minimale d’un travail vaut évidemment mieux que la broyeuse.
- L’ignorance est toxique pour l’engagment. Le nombre de feuilles varie peu entre le 2ème et le 3ème groupe. Ignorer le travail d’un salarié revient quasiment à le détruire sous ses yeux.
Le besoin de reconnaissance au travail ne doit donc pas être pris à la légère. C’est un facteur fondamental d’engagement et de sens pour les travailleurs.
Plus globalement, le sens au travail est comme un château de cartes : il peut être aussi facile à détruire qu’il est difficile à construire.
Ainsi, un manager soucieux du sens au travail peut s’inspirer de la règle des médecins, exprimée au début du serment d’Hippocrate : « primum non nocere », commencer par ne pas nuire.
Source : Rapport “du sens à l’ouvrage”