Roman Malo : “Devenus orphelins, ils ont dit non à la fatalité !”

Roman Malo

 Ça marque profondément, du coup, on fait le pari des études. Notre mère nous a toujours dit que l’ascenseur social il y en a un, c’est l’école !

Rares sont les histoires comme celle de la famille Malo. Une histoire de courage face à l’adversité, en particulier quand la vie ne vous fait aucun cadeau. Roman, Morgane et Yonah sont 3 orphelins qui ont décidé de tout faire pour se battre, sortir d’un avenir bien sombre et et se construire un futur prometteur et heureux. Ensemble, à force de détermination ils ont réussi ce fabuleux pari.

Des débuts difficiles

Début des années 2000, la famille Malo quitte leur Belgique natale. Elle s’installe en France, direction la Vendée pour reprendre un élevage canin. À leur arrivée, c’est la désillusion. La promesse n’aboutit pas et le rêve reste inachevé. Les parents se retrouvent en pleine campagne française, sans travail et sans argent. La famille doit rapidement faire preuve d’ingéniosité et vite trouver une solution. Hélas, cela n’est que le début d’un vaste récit dramatique. 

Dès le départ, le père, Patrick Nobels, refuse catégoriquement d’exercer un métier en dessous de ses compétences. Informaticien de formation, il ne fera aucun compromis. Si ce n’est quelques missions ponctuelles minutieusement choisies. Les deux parents ne sont plus à l’unisson. Seule, Natasha Malo joue sa partition. Elle enchaîne les petits boulots pour subvenir aux besoins de sa famille. Entre missions d’intérim et CDD, elle s’épuise frénétiquement  au travail. 

« Elle avait un véritable talent pour nous donner l’illusion d’une continuité, c’est-à-dire que si on ne pouvait pas faire du sport en club, c’était parce que les horaires ne correspondaient pas à nos emplois du temps, et non parce que la licence était trop chère, etc. ». 

Les années passent et la famille s’enfonce dans la misère et l’exclusion. Entre un père dépensier et une mère qui peine à joindre les deux bouts, l’aîné, Roman Malo prend conscience de l’ampleur du problème. Son insouciance s’étiole à mesure que les derniers centimes d’euros dépensés par le père s’envolent. 

Très vite, en plus des dettes accumulées, un nouveau drame frappe la famille Malo. Patrick Nobels meurt d’un cancer. Tout juste collégien, Roman Malo décide d’utiliser ses compétences et ses connaissances en jeux vidéo pour vendre des services in-game*.  Le but : aider financièrement sa mère. 

« Je me souviens un jour lui avoir dit : « maman donne-moi ton RIB, parce que sur les jeux vidéo on peut monnayer des services », elle m’a demandé ce qu’était ce traquenard. Au début elle était gênée, elle me disait que cet argent était à moi ».

Une persévérance qui finit par payer

“L’ascenseur social existe, c’est l’école”,  affirme Roman Malo. Pendant six ans, la famille essaie  de remonter la pente. Roman et Morgane se concentrent sur leurs études qu’ils réussissent avec brio : « Ça marque profondément, du coup, on fait le pari des études. Notre mère nous a toujours dit que l’ascenseur social il y en a un, c’est l’école ». Ils vivent tous, sept mois d’insouciance avant qu’une nouvelle tragédie vienne frapper à leur porte. Le 20 août 2021, Natasha Malo décède d’un cancer fulgurant, laissant derrière elle, Roman, Morgane et Yonah, leur petite soeur de treize ans. Le dernier message de Natasha Malo sera :« apprenez sans relâche et vous pourrez réaliser vos rêves ». 

Ce dernier souhait en tête, Roman et Morgane se sont promis de se battre, non seulement pour assurer leur avenir mais surtout  pour obtenir la garde de leur petite soeur.  « Yonah choisira sa voie, elle fera ce qu’elle veut, qu’elle ne sente pas obligé de travailler pour survivre »

Roman est aujourd’hui étudiant en doctorat de psychologie. Il se promet d’être un excellent professionnel et d’être toujours présent pour sa famille. Grâce aux conseils avisés de sa petit amie Manon, la fratrie créée une association nommée Pre-care pour prévenir de la précarité. Le parcours de la famille Malo  est raconté dans un livre aussi émouvant qu’inspirant, corédigé par le duo Catherine Siguret et Roman Malo.

 « Nous n’avions pas d’argent mais nous avions l’amour » (éd. Albin Michel) est disponible dans les librairies depuis mi-septembre.  

Voici la vidéo que nous avons tournée avec Roman dans nos locaux il y a quelques jours et qui approche des 500 000 vues à ce jour sur notre page Facebook.

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