Marielle Barbe : “Le slashing : une révolution silencieuse ?”

« La vie professionnelle est un parcours avec des chemins de traverse, des bifurcations et des déviations ».

Le slashling, une révolution silencieuse ? L’école pousse les élèves à être des experts et à choisir une seule profession. Pourtant, nous savons qu’en moyenne, un jeune de moins de 30 ans exercera 13 métiers dans sa carrière professionnelle », explique Marielle Barbe. Experte, conférencière et auteure, elle analyse le concept du slashing dans son ouvrage, Profession slasheur, aux Éditions Marabout. Ce mode de travail permet de concevoir la vie professionnelle sous différents prismes grâce au cumul de plusieurs activités. Aujourd’hui, elle accompagne les entreprises à mieux cerner les besoins de ses collaborateurs pour une coopération réciproque et un échange gagnant-gagnant. 

« La vie professionnelle est un parcours avec des chemins de traverse, des bifurcations et des déviations ».

LD : Pourquoi avez-vous accepté de vous exprimer dans notre média, Les Déviations ?

Marielle Barbe : Je le trouve très inspirant et il fait éminemment sens avec le sujet que je traite : le slashing. La vie professionnelle n’est pas une échelle ascensionnelle dont on gravit les échelons pour réussir sa carrière mais, c’est plutôt, un parcours, avec parfois des chemins de traverse, des bifurcations, des déviations et des itérations. Ils finissent par former une spirale évolutive. Ces boucles sont portées par le même fil conducteur. Et derrière celui-ci, il y a quelque chose à mon sens que chacun devrait chercher très tôt. Qu’est -ce qui nous procure de la joie, ce qui nous donne envie de nous lever le matin, de cheminer, de contribuer au monde.  

« Le slashing est un diamant dont on peut polir les facettes à l’infini ».

LD : Comment définiriez-vous le slashing pour les personnes qui ne connaissent pas ce mode de travail ?

Marielle Barbe : Le slashing c’est : s’approprier une manière de travailler qui permet de concevoir sa vie professionnelle en multiples dimensions, avec plusieurs prismes, plusieurs facettes. C’est un peu comme un diamant dont on peut polir les facettes à l’infini.

« D’après le psychologue Howard Gardner, il existe neuf formes d’intelligence mais aucune n’est meilleur que l’autre ».

LD : Qui sont les slasheurs ? Qu’est-ce que leur apporte ce mode de fonctionnement ? 

Marielle Barbe : Le terme « slasheur » est entré dans le dictionnaire Larousse en 2019. Un slasheur est une personne qui cumule plusieurs activités professionnelles à la fois.

Le slashing est donc un mode de fonctionnement porté par des personnes qui n’arrivent pas à se contenter d’une seule activité à la fois parce qu’elles sont très curieuses et ont besoin irrépressible d’apprendre. J’ai tendance à comparer cela à la nature. Aujourd’hui, face aux grands enjeux de société, nous devons tous développer la biodiversité.

Nous, les humains, n’échappons pas à cette loi, et avons également besoin de développer notre biodiversité personnelle et professionnelle. Cela implique de ne pas se limiter à une seule activité professionnelle mais d’en développer plusieurs qui nous apportent une forme de complétude. Car ces activités-là font appel à la fois à notre tête, à notre cœur et à notre corps. C’est d’ailleurs la définition même, que donne l’OMS de la santé, qui n’est pas une absence de maladie mais un équilibre global, à la fois physique, psychique et social. Les slasheurs que je connais sont des personnes qui vont plutôt très bien parce qu’elles nourrissent leur curiosité, leur envie d’apprendre et parviennent ainsi à trouver cet équilibre. 

« Pourtant, l’école continue à privilégier uniquement certaines formes d’intelligence au détriment d’autres ».

LD : C’est justement intéressant ce que vous dites, parce que vous affirmez que pour avoir un équilibre, il faut se nourrir de plusieurs sources et aller vers plusieurs emplois. Est-ce bien cela ?

Marielle Barbe : Oui, cela paraît évident. Et pourtant, l’école continue à privilégier uniquement certaines formes d’intelligence au détriment d’autres. Or, selon le psychologue Howard Gardner, il existe neuf formes d’intelligence en incluant l’intelligence spirituelle. Et aucune, n’est meilleure que l’autre. Elles sont simplement singulières à chaque individu et surtout complémentaires. Finalement, un slasheur, c’est quelqu’un qui intuitivement, perçoit les bénéfices à activer ses différentes formes d’intelligence. Personnellement, j’ai toujours cherché cela sans le savoir. Cela me permettait de me sentir mieux, de ne pas m’ennuyer et de faire des liens entre des univers, des sujets, des centres d’intérêt. C’est pourquoi, aujourd’hui en tant que coach, je travaille sur la connaissance de soi : apprendre à découvrir ses besoins, ses aspirations, ses centres d’intérêt, ses talents et compétences. 

« Depuis toute petite, j’aspirais à donner du sens à ma vie et à me sentir utile ».

LD : Dans votre ouvrage, vous dites qu’au collège, au moment de cocher la case «métier souhaité», vous vous êtes décomposée parce que vous vous sentiez limitée dans le fait de choisir et cela vous a semblé absurde. Cette raison a t-elle motivée votre choix de devenir slasheuse ?

Marielle Barbe : Cela a pris racine bien avant le collège. C’est tout un parcours de vie. J’ai réalisé lorsque j’ai écrit ce livre, que, du plus loin que je me souvienne, j’aspirais à faire quelque chose qui avait du sens, qui me permettait de donner du sens à ma vie et de me sentir utile. Mais je n’avais ni idée, ni modèles de personnes et de métiers inspirants. Et surtout, à mon époque les maths et la physique étaient présentés comme la voix royale pour accéder au choix le plus large d’études supérieures.

D’ailleurs, j’étais une bonne élève, tellement bonne élève que l’on m’a imposé de suivre un cursus scientifique. Pourtant, je détestais totalement ces matières, préférant de loin le français et la philosophie. J’ai donc échoué deux fois au baccalauréat, à cause des maths. Je considère aujourd’hui que cet échec a été ma chance, parce que si j’avais obtenu mon baccalauréat, j’aurais encore tenté de satisfaire les attentes parentales et sociales. Et c’est ainsi que j’ai pris ma vie en main et me suis lancée dans la vie active. 

« Je ne me percevais plus comme une touche à tout, mais comme une personne pionnière et riche de toutes ses singularités ».

LD : Vous avez découvert le terme “slashing” dans un média féminin ? Cela a-t-il été une véritable révélation. Pourquoi ?

Marielle Barbe : Longtemps, j’ai rêvé de savoir quelle était ma vocation et j’étais très envieuse des personnes qui savaient depuis toujours ce qu’elles voulaient faire. Je me disais que ça allait finir par tomber du ciel, qu’un jour, moi aussi, j’aurai une révélation. Elle est arrivée en lisant cet article. Grâce à celui-ci, j’ai compris que pour moi la vocation était multiple et évolutive.

Ce dernier expliquait que les slasheurs, grâce à leur agilité et créativité hors normes, étaient les personnes les plus adaptées et recherchées pour répondre aux besoins du monde du travail à venir.

J’ai réalisé à 45 ans que j’avais toujours été une slasheuse qui s’ignorait. Le regard que je portais sur mon mode de fonctionnement a changé en un instant. Je ne me percevais plus comme une touche à tout, mais comme une personne pionnière et riche de toutes ses singularités. Enfin, j’assumais pleinement cette multipotentialité.

« Aujourd’hui, je n’ai pas trouvé le métier mais j’ai trouvé ma raison d’être ».

LD : Qu’est-ce que vous a apporté le fait d’écrire cet ouvrage, Profession slasheur

Marielle Barbe : Cela m’a obligée à revisiter mon parcours et à trouver ce fameux fil conducteur que je défends auprès des personnes que j’accompagne. Il est vraiment le cœur de mon travail. Il n’y a pas de hasard dans un parcours, il se construit au gré des rencontres, des opportunités, des découvertes, et des expériences… Et si on prend le soin de le questionner, de le chercher, il révèle toujours du sens. En ce qui me concerne, de l’extérieur, les gens avaient l’impression que je faisais des choses qui n’avaient aucun lien les unes avec les autres. En réalité, elles en avaient beaucoup. J’ai fait des métiers aussi différents que monter une agence de communication, écrire des projets pour la télévision, travailler avec des jeunes collégiens et lycéens de banlieue mais tous venaient nourrir exactement la même raison d’être. 

« La raison d’être peut s’exprimer de mille manières et revêtir de nombreuses formes ».

LD : Quel est le regard que porte votre entourage sur vos choix de carrière? Avez-vous déjà ressenti des jugements ou eu des remarques de leur part ?

Marielle Barbe : À l’époque, on me disait, «on ne comprend rien à ce que tu fais. C’est dur de te suivre, tu t’éparpilles ». En réalité, le jugement a commencé très tôt. Déjà enfant, je n’osais pas dire que je me projetais dans des métiers ou des univers différents. Et je ressentais beaucoup de jugement, quand j’exprimais des choix professionnels qui pouvaient paraître un peu atypiques ou incongrus par rapport au cadre familial. 

Demander à quelqu’un, jeune ou adulte quel est « le » métier qu’il souhaite faire, ou auquel il aspire se reconvertir peut générer beaucoup de stress. Stress de choisir, de s’enfermer, de se tromper de choix, d’échouer. Voilà pourquoi, je préfère m’attacher à chercher plutôt du côté de la raison d’être plutôt que de la vocation. C’est un postulat très différent. Dans les bilans de compétences ou dans les accompagnements que je réalise, je ne me focalise pas sur un métier en particulier mais je cherche à faire émerger ce fil conducteur dans le parcours. À partir de là, la raison d’être peut s’exprimer de mille manières et revêtir de nombreuses formes s’ajustant toujours avec les aspirations et l’évolution personnelle et professionnelle des personnes. 

« L’échec n’est qu’une opportunité de rebondir, de grandir, d’avancer, de s’améliorer ».

LD : Aujourd’hui, est-ce que c’est plus facile pour vous d’assumer vos choix de carrière et de dire « oui je suis slasheuse et je l’assume » ?

Marielle Barbe : l y a eu un avant et un après la lecture de cet article. Quand j’ai créé mon propre site, Marielle Barbe, j’ai envoyé un message à l’univers pour crier haut et fort que je travaillais en mode multi et pas autrement. Et là, ma vie a complètement changé parce que je l’ai assumé et intégré. Je me suis mise alors à chercher du côté des neurosciences, de la psychologie, à comprendre comment fonctionnait le slashing.

J’ai lu notamment une étude menée par Caroll Dweck sur la réussite qui montre que, celle-ci n’est pas forcément en rapport avec notre milieu social, notre niveau d’étude, mais davantage liée à un état d’esprit. Les personnes avec “un état d’esprit fixe”, par peur de l’échec, préfèrent se cantonner à une seule chose, alors que les personnes avec “un état d’esprit de développement”, ont envie d’explorer plusieurs domaines, de découvrir différents territoires. L’échec n’est alors qu’une opportunité de rebondir, de grandir, d’avancer et de s’améliorer. Toutes ces recherches m’ont armées, m’ont donné des arguments pour expliquer le fonctionnement et la valeur ajoutée des slasheurs. 

« La raison d’être, c’est ce qui donne du sens à nos vies ».

LD : Est-ce que vous pensez que nous possédons tous nécessairement un fil conducteur ? 

Marielle Barbe : Tout à fait. Au démarrage, les gens n’imaginent pas qu’il soit possible de trouver ce fameux fil conducteur entre des activités aussi différentes que, journaliste et décoratrice d’intérieur. Et pourtant, on finit toujours par trouver ce lien, ce commun, cette cohérence au croisement de tout ce que nous sommes : nos valeurs, nos compétences, nos appétences, nos expériences et nos aspirations les plus profondes. 

Et lorsque cela apparaît comme une évidence, cela procure un sentiment de sécurité incroyable. Comme si l’on avait trouvé son « chez soi », une base qui sera toujours là. C’est cela la raison d’être. C’est ce qui donne du sens à nos vies… Nous devons simplement prendre le soin de la nourrir, de l’enrichir, de l’accorder à l’évolution de nos aspirations et de nos compétences. 

« Le meilleur ami du slasheur, c’est incontestablement la To do list ! ».

LD : Comment organisez-vous vos journées ?  Ne sont-elles pas trop éprouvantes à force de jongler entre vos différentes activités ?

Marielle Barbe : Je jongle entre mes différentes activités de la même manière qu’un avocat jongle entre différents dossiers ou un professeur des écoles entre différentes matières. Ni plus, ni moins. 

Le slashing me permet au contraire d’organiser mon travail en prenant soin de mon écologie personnelle. La question de l’organisation revient souvent chez les slasheurs qui craignent de s’éparpiller, d’être noyés sous les tâches multiples. Cela leur demande sans doute plus que pour d’autres d’apprendre à prioriser.

Et le meilleur ami du slasheur, c’est incontestablement la To do list !

Le slashing : « c’est un véritable phénomène de société » !

LD : Vous écrivez ceci : « On parle souvent du slashing comme d’un «phénomène de société » mais la nécessité de multiplier les emplois et les activités pour répondre aux besoins élémentaires a été le lot de l’homme et de la femme depuis la nuit des temps ». Pensez-vous que le slashing est un bon moyen de pallier la précarité ? Pourquoi parle-t-on de phénomène de société ?

Marielle Barbe : Multiplier les activités a toujours existé dans l’histoire du travail. Ne disait-on pas que l’on était un tâcheron ? 

Mes deux grands-pères, nés au début du siècle dernier, étaient obligés d’avoir des activités en parallèle de leur métier pour subvenir aux besoins de leur famille. Ils étaient donc pluri-actifs par nécessité. Voilà pourquoi en écrivant ce livre, je me suis davantage intéressée aux slasheurs qui le sont par choix.

En 2016, une étude menée par l’institut Createstpour le salon des micro-entreprises (SME) a révélé que, les slasheurs représentaient 16 % de la population active et que 70 % d’entre eux l’étaient par choix. En septembre 2022, cette étude a été remise à jour, et elle indique que 26 % (soit plus d’un quart) de la population active sont des slasheurs et que 96 % le sont par choix. Or, dans ce contexte de crises multiples, force est de constater que contrairement à ce que nous aurions pu imaginer, la grande majorité des slasheurs l’ont choisi et non subi. C’est ce qui en fait un véritable phénomène de société. 

En 2018, l’étude Futur du travail en quatre atmosphères à horizon 2030, cette fois-ci menée par Reasearch Group Collaborative Space fait apparaître quatre grandes tendances. La première, c’est le salariat qui existe toujours. La deuxième, c’est le freelancing qui se développe fortement. La troisième, c’est le slashing, qui devient une tendance à part entière. Et la quatrième tendance, c’est le revenu universel. Mais il est également important de noter que le slashing s’invite dans chacune des trois autres tendances. On peut être, par exemple, salarié pour deux métiers/employeurs différents ou encore être salarié et auto-entrepreneur autour d’expertises diverses. Et de compléter son revenu universel, avec activités multiples.

« Multi-potentialité était la norme durant la Renaissance. On disait qu’on était un polymathe ».

LD : Le slashing est sans conteste un phénomène de société mais peut-on dire qu’il est également un phénomène de mode ?

Marielle Barbe : Absolument. C’est une histoire de contexte, de norme, de mode…  Dans son ouvrage, La tyrannie de la norme – Editions Belfond – Todd Rose explique parfaitement cette injonction à imposer une “norme”. Par exemple, la multi-potentialité était la norme durant la Renaissance. On disait qu’on était un polymathe et ce n’est sans doute pas un hasard si cette période a vu naître tant de génies. On encourageait toutes ces personnes à multiplier les activités. Léonard de Vinci était à la fois peintre, sculpteur, architecte, urbaniste, botaniste, musicien, poète, philosophe, anatomiste, écrivain et il portait un intérêt pour le génie civil, l’optique et l’hydrodynamique.

Puis, la révolution industrielle a rabattu les cartes de cette multi-activités, imposant la norme de l’expertise, de la spécialisation. Je le déplore. 

L’école impose encore aujourd’hui cette injonction à devenir des spécialistes et à ne choisir qu’une seule profession. Alors que l’OCDE nous affirme que les jeunes de moins de 30 ans feront en moyenne 13 métiers dans leur vie. 

« Les jeunes ont soif de liberté et cherche à de donner du sens à leur vie ».

LD : Est-ce que vous pensez que les nouvelles technologies ont influé sur les nouvelles générations qui abandonnent le salariat pour passer l’entrepreneuriat ?

Marielle Barbe : Ma fille est en école de commerce et elle me dit que tous ses amis veulent créer leurs entreprises et qu’aucun n’a envie d’être salarié. Alors que nous connaissons un taux de chômage sans précédent, les entreprises cherchent désespérément des solutions pour attirer des nouveaux talents pour les fidéliser.

Mais au-delà des jeunes générations, je suis convaincue que le slashing est l’une des pistes prioritaires à explorer. Car, il répond à une double promesse : garantir au salarié une forme de sécurité tout en lui permettant d’évoluer tout au long de sa vie, en alignant en permanence son évolution personnelle et son évolution professionnelle. Les jeunes ont soif de liberté, d’équilibre. Ils cherchent avant tout à donner du sens à leur vie. Il y a peu de temps encore, la sécurité de l’emploi était la priorité. La crise du Covid a fortement ébranlé la représentation de la sécurité. Nombre d’entre nous ont pris conscience de la nécessité à ne pas mettre tous leurs œufs dans le même panier, encourageant sans aucun doute certains à se lancer dans l’entrepreneuriat.

« Nous devons retisser trois liens fondamentaux : le lien à soi, le lien à l’autre et le lien avec plus grand que soi ».

LD : Est-ce que vous, à titre personnel, vous avez eu le sentiment d’avoir fait un réel changement de vie ?

Marielle Barbe : J’ai évolué et j’ai fait évoluer ma vie professionnelle en permanence. En revanche, je n’ai pas la sensation d’avoir changer de vie. C’est qui je suis et ce qui compose ma vie qui change. Un peu comme un arbre qui pousse, prend des formes différentes, se teinte de nouvelles couleurs, perd ou gagne des feuilles, des fruits au fil des saisons, mais reste le même arbre.

Je trouve regrettable justement que le monde de l’entreprise ne prenne pas la mesure du besoin de chacun à suivre ce mouvement perpétuel de la vie.

Les entreprises face aux nouvelles aspirations des salariés ont tout à gagner à renforcer leur capacité d’aligner l’évolution personnelle de leurs salariés avec leurs perspectives professionnelles en prenant le soin de questionner leurs besoins et leurs envies.

Cela sous-tend la question du sens. Le sens de ma vie, de mon travail, comment et avec qui j’interagis et au service de quoi (au-delà de moi). Dans son livre, Les Tisserands– Éditions Les liens qui libèrent – d’Abdenour Bidar explore remarquablement ces questionnements. Selon lui, nous devons retisser trois liens fondamentaux : le lien à soi, le lien à l’autre et le lien avec plus grand que soi.

« De plus en plus de Millenials ne veulent plus travailler dans des entreprises qui ne donne plus de sens à leur vie ».

16. Est-ce qu’avec le slashing, on peut parler de révolution au travail ? 

Nous vivons une révolution profonde du travail, mais c’est une révolution silencieuse. De plus en plus de Millenials ne veulent plus travailler dans des entreprises qui ne donne plus de sens à leur vie. Les problématiques d’employabilité concernent des secteurs d’activités et des entreprises qui faisaient rêver il y a peu encore. 

Le titre du livre de Denis Pennel, Travail, la soif de liberté -Éditions Eyrolles résume parfaitement l’oxymore auquel doit répondre aujourd’hui le monde du travail, face aux défis notamment, RH, d’employabilité, d’engagement, de Risques psycho-sociaux, de mobilité, d’agilité, de compétitivité, d’innovation et d’agilité.

Cela nous demande de requestionner les notions et les représentations de sécurité de l’emploi, CDI, expertise, modes de recrutement, fiche de poste, reconversions… 

Dans la mesure où la pluri-activité a toujours existé, je considère le slashing plus comme une tendance émergente qu’une révolution du travail. 

En revanche, je suis convaincue qu’il peut être une solution très simple, à la portée de n’importe quelle entreprise, quelle que soit sa taille ou  son secteur d’activité. 

Une équation qui garantit une relation « gagnant-gagnant » tant pour les collaborateurs que pour les organisations.


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