Guillaume Meurice : “deviens, ton propre patron ! Oui, mais…”

Guillaume Meurice

"Youpi, de l’indépendance ! Sauf que cela veut dire : "Fini les protections sociales, aucune garantie de travail, et donc l’assurance de subir encore et toujours plus de précarité"...

Guillaume Meurice, le chroniqueur de France Inter n’a pas l’habitude de mâcher ses mots et il le prouve une nouvelle fois avec l’interview explosive qu’il vient d’accorder sur le travail, le bonheur et la quête de sens à Welcome To the Jungle.

En voici quelques extraits qui vont susciter, à n’en pas douter, de nombreuses réactions :

“Avant, c’était “bosse et tais toi”. Dorénavant, c’est plus perfide.”

Il faut reconnaître que le capitalisme possède une belle capacité d’adaptation. Avant c’était simple : « bosse et ferme ta gueule ». Dorénavant, c’est beaucoup plus perfide et redoutablement efficace : « Deviens ton propre patron ». Ça a l’air chouette ! Youpi, de l’indépendance ! Sauf que cela veut dire : « Fini les protections sociales, aucune garantie de travail, et donc l’assurance de subir encore et toujours plus de précarité ». Ils appellent ça la flexi-sécurité parce que « on vous vomit dessus ouvertement bande de sous-humains », c’était un peu long. Il y aurait évidemment aussi beaucoup à dire sur la réforme des retraites et de l’assurance-chômage mais ma maman m’a toujours dit de rester poli.”

“Il faut que celui qui bosse trouve un sens dans ce qu’il fait. Mais pour le trouver, il faut qu’il y en ait un.”

“Profiter davantage de la vie…”

Dans cette même interview, on relèvera ce passage : “C’est pourquoi il faudrait répartir au maximum le travail, et faire en sorte que chacun ait plus de temps  pour profiter simplement des petits bonheurs qui font que l’existence mérite d’être vécue. (…) Je voudrais qu’on puisse arrêter de travailler quand on le souhaite. Et à la place d’un système de retraite, je suis davantage pour un salaire à vie. J’ai toujours trouvé l’expression “gagner sa vie” très absurde. Parce que bien des métiers pénibles ne permettent même pas de la vivre correctement.”

Que pensez-vous des prises de position du chroniqueur de France Inter ?

La sortie de son livre censurée…

Le 29 septembre prochain, le livre “Le fin mot de l’Histoire en 200 expressions décapantes”, coécrit par Guillaume Meurice et Nathalie Gendrot devait sortir dans les librairies. Le groupe Editis en a suspendu la sortie. Selon Pascale Launay, directrice de la communication : «Au départ un tiers des blagues posaient problème en raison de leur véhémence, puis le service juridique a ramené ce nombre à quinze pour finir par sept clairement identifiées comme pouvant entraîner des poursuites judiciaires potentiellement lourdes à l’encontre d’Editis ou du Robert. Depuis juin, nous demandons à Guillaume Meurice de les modifier. Son refus nous a finalement conduit à suspendre la parution du livre ».

Dans les colonnes de Télérama, Guillaume Meurice a répliqué : “je n’ai jamais été contre la discussion éditoriale. Quand on me dit qu’un passage est moins drôle, je suis prêt à le modifier, ce que j’ai d’ailleurs fait. Là où j’ai refusé de toucher à mon texte, c’est quand les changements demandés portaient sur des pseudo-menaces de procès ou qu’il était question de ne pas froisser untel ou untel. On m’a engagé pour faire un livre avec des blagues, je fais des blagues. Depuis dix ans je fais des chroniques à la radio avec le même genre de blagues et je n’ai jamais eu aucun procès en diffamation. Leur peur panique me paraissait stupide et non fondée.” Et de poursuivre :  “j’envisage des suites juridiques pour rupture de contrat. Mais, au-delà de notre dictionnaire, le signal envoyé par cette histoire est grave. Ça veut dire que d’un trait de plume un type peut décider de ne pas publier un livre qui lui a déplu. Le message envoyé aux auteurs et autrices est assez terrible : tenez-vous à carreau sinon votre livre ne sortira pas.

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