Jeanne Messi : diversité et léger handicap, la déviation par le travail et la volonté

Ce n'est pas facile, je suis passée par des périodes de doute. Les moments compliqués sont balayés quand on voit comment les gens réagissent devant le produit

Jeanne Messi a passé sa vie entre le Cameroun et la France. Petite fille de la chef de son village, au contact de sa grand-mère, elle apprend à devenir indépendante très tôt dans sa vie. Un trait de caractère qu’elle n’a jamais perdu.

Ces allers-retours entre deux pays lui ont permis de grandir entre deux cultures et l’ont aidée à s’adapter.

Comme ses parents, Jeanne Messi bégaie. De ce qui aurait pu être un handicap, elle en a fait une force :« Quand on bégaie, on a peur de rester bloqué sur un mot. Donc on a tendance à parler de manière brusque. J’ai appris dire des phrases, à parler plus posément et à prendre du temps. La personne qui bégaie, bégaie car elle réfléchit vite donc elle est très intelligente. J’ai appris à me mettre à la place de la personne que j’avais en face et de me dire si elle veut me comprendre, je dois articuler. Mais cela ne m’a jamais empêché d’entreprendre et d’avancer. Je pars du principe que quand on a une difficulté, c’est ça que l’on doit surmonter.”

Critiquée pour ses différences

De retour en France, à l’âge de 16 , elle est placée dans une classe de « rattrapage », où certains ne savent pas lire.  De là, elle tente de rejoindre un lycée professionnel de maroquinerie. Lorsqu’elle n’est pas à l’école, elle travaille au MacDo pour payer sa carte orange, l’ancêtre du Pass Navigo. « Pour résumer, j’ai toujours travaillé pour subvenir à mes besoins ».

Après ses études, elle s’inscrit dans une agence d’intérim et commence à travailler à l’accueil d’un restaurant ferroviaire. Le cœur qu’elle met à l’œuvre lui permet de passer d’un statut de CDD à celui de CDI en ayant débuté comme intérimaire. Débute une carrière de 10 ans qui l’emmène au sein d’une autre entreprise où elle est directrice du restaurant de la compagnie. Bien que Jeanne soit efficace à son travail, elle reçoit beaucoup de critiques pour ses différences.

Envie de fabriquer son propre kimono

Lors d’un voyage en Guadeloupe avec une de ses amies, l’envie lui prend de fabriquer son propre kimono. « Je tiens quelque chose, même si ce n’était pas du tout calculé ». De retour en France, elle se lance et monte sa marque : Kirumono, qu’elle finance avec ses économies en fonds propres, donc. Très vite, elle structure son activité, s’installe dans un atelier, organise son premier shooting photo. Le succès est au rendez-vous : sa marque décolle, elle peut continuer à la développer, et à fonder son propre site internet. “Je cherchais à lancer un produit qui n’existe pas. Je ne voulais pas faire un vêtement sans valeur ajoutée. (…) Je me suis vraiment débrouillée avec mes petites économies. Cela a été rapide car quand on sait où l’on va, ce qu’on veut et quand, le déclic est là et bien là.”

Jeanne a bien sûr rencontré des moments difficiles : « Ce n’est pas facile, je suis passée par des périodes de doutes. (…) Malgré le covid, j’ai pu commencer à bien vendre et j’ai continué à aller au Cameroun. On suit ma page Instagram. Les moments compliqués sont balayés quand on voit comment les gens réagissent devant le produit ». ( …) Il ne faut pas dire je n’ai pas d’argent, c’est une fausse excuse. Il faut sa lancer, travailler et y croire.”

Nous vous proposons de découvrir sa vidéo très inspirante. N’hésitez pas à la contacter et à la commenter.

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