Karine Monneron : Travailler avec l’humain

S'écouter est parfois plus difficile qu'on ne le pense.

S’écouter est parfois plus difficile qu’on ne le pense. Karine Monneron, issue d’un milieu ouvrier, a grandi avec l’idée qu’il faut savoir affronter les difficultés de la vie. Passionnée par le pouvoir de l’image, elle s’est fixée très tôt l’objectif de devenir journaliste. Même si les contraintes de ce métier semblaient peu compatibles avec le schéma familial qu’elle avait en tête.

École, stages, alternance, Karine Monneron a suivi le parcours qu’elle s’était tracée, jusqu’à atterrir dans une grande chaîne nationale. Caméra en main, elle aimait raconter l’actualité, la vie, le quotidien des hommes et des femmes qu’elle rencontrait via les images qu’elle tournait.

Mais après dix belles années dans cette rédaction, les choses changent. Membre de petites équipes complémentaires qui prenaient le temps de poser les choses, de créer une relation avec les personnes dont elle racontaient les histoires, elle doit tout faire plus vite. Le monde des médias évolue. Il fallait faire plus, avec des équipes réduites.

Karine Monneron doit enchaîner les sujets. Elle se déplace sans arrêt et a de plus en plus de mal à produire ce qu’elle estime être un travail bien fait.

Elle éprouve moins de plaisir à travailler, mais refuse de se plaindre. Bien payée par une entreprise solide et prestigieuse, elle prend le mal-être qui s’installe dans sa vie pour une futilité. Hors de question de s’apitoyer sur son sort qui n’avait, selon elle, rien de comparable avec ce qu’avaient pu connaître ses proches.

« Ça va passer», se disait-elle.

Jusqu’au jour où ça n’est plus passé du tout.

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Pour en savoir plus sur son histoire, écoutez son podcast (deux épisodes) :

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