Ludovic Baugmartner : « Personne n’a de prise sur quelqu’un qui est heureux »

Si je continuais dans cette entreprise, j’allais devenir un connard, et j’en étais déjà sur le chemin

Diplômé de l’Essec, Ludovic Baugmartner a vite eu le sentiment de perdre son âme dans un grand groupe en cherchant à gravir les échelons de la réussite.  En devenant entrepreneur, stressé, il a divorcé et a failli y laisser sa santé. C’est au Népal qu’il s’est totalement retrouvé. « Ma vraie déviation a commencé là. » À l’occasion de la sortie de notre magazine N°2, nous vous proposons de découvrir certaines des histoires que nous avons eu plaisir à raconter. Aujourd’hui, nous vous parlerons de Ludovic.

Propos recueillis par Victoria Guillomon.

Dans l’engrenage des écoles de commerce

Ludovic Baugmartner a grandi dans les valises, avec des parents expatriés qui ont accéléré son ouverture d’esprit. Très vite, il fait le choix d’un parcours classique et linéaire sur la voie du commerce. Il intègre l’ESSEC et fait ses premières armes chez Décathlon : « Je suis les règles du jeu. On fait la course au sapin et on se demande à quelle vitesse on va réussir à grimper. »

Alors, il jalonne les échelons, devient directeur marketing dans une multinationale et se voit un jour glacé par les remarques de son directeur commercial. « J’ai pris conscience que ça faisait des années que je courais après les galons, que je respectais les règles du jeu. Si je continuais dans cette entreprise, j’allais devenir un connard, et j’en étais déjà sur le chemin. »

Etre en paix avec soi-même

Après avoir d’abord ressenti de la honte, Ludovic fait un choix entre son salaire et lui dans la glace. Le premier virage est pris : il passe de salarié à entrepreneur et retrouve, enfin, le goût de la liberté. Il est alors âgé de 37 ans, et il crée une agence de comm digitale “KINGYO SAN” – revendue à Dragon Rouge-.


Mais cette liberté a un coût, celui de la santé.


Embué par l’énergie grisante de sa vie d’entrepreneur, Ludovic en oublie d’écouter les signaux de son corps. Pendant 1 an, il dort 3 heures par nuit et enchaîne ses journées en accumulant des dettes de sommeil. Un soir, c’est son cerveau qui débranche et il fait un blackout au volant de sa voiture : «J’étais sur l’autoroute, et c’est le bruit de la tôle qui m’a réveillé. »

Il a peur, mais décide de laisser cette émotion de côté pour continuer à avancer, les yeux fermés. Après une rupture professionnelle et un blackout, c’est cette fois la dégradation de sa relation de couple qui le rappellera à l’ordre : « Jusqu’à présent, je me sentais complètement invincible. Et du jour au lendemain, le divorce après 15 ans de mariage m’a fait sentir un vide colossal. Il fallait que je comprenne ce vide. »

Un éveil spirituel au Népal

Ce vide, c’est finalement au Népal, en 2016,  qu’il décidera d’aller le décrypter : « Ce qui s’était écroulé était tellement plus important que n’importe quel sujet matériel au monde. C’est une des rares fois où j’ai remis le curseur au bon endroit. »

Sac à dos et baskets aux pieds, Ludovic pose ses premiers pas sur une Terre qui a tout à lui offrir : « J’ai senti que là, j’allais pouvoir cheminer. »

En pleine montagne, il tombe sur un monastère et est accueilli par des moines pendant une semaine. Il apprend à méditer et découvre une clef : celle qui lui permettra d’aller voir à l’intérieur de lui-même. « Ma vraie déviation a commencé le jour où je suis parti au Népal pour traverser les Annapurna. »
Deux ans plus tard, il y retourne avec ses deux enfants. « Nous avons fait un trek dans les Annapurnas : ils avaient 13 et 14 ans ! Ils avaient levé 2 500€ qu’ils ont remis à l’école de Gorka. »

Le réconfort de la liberté

Cet éveil intérieur lui permettra de tout changer à son retour et de chercher l’équilibre dans sa vie professionnelle et personnelle. Aujourd’hui, Ludovic affirme que « personne n’a de prise sur quelqu’un qui est heureux. »

C’est ce bonheur, qu’il tente de diffuser tous les jours par le biais de l’enseignement du développement personnel à un large public. Après de longs mois de conception, Ludovic Baugmartner a co-fondé la plateforme d’accompagnement HATAHE et le crie au haut et fort : il est heureux, libre, et ça n’a pas de prix. 

Les Déviations N°2

En vente

Les Déviations – Hors Série

Toujours en vente

Laisser un commentaire

Vous inscrire à notre newsletter