Ludovic Hilaire : sens et souffle !

"Commence alors un chemin intérieur vers soi, le fameux soi, qu’on avait enterré sans s’en rendre compte à 20 ans !"

Coach certifié les Déviations, expert en crise du milieu de vie et coaching d’évolution, Ludovic Hilaire a fait à deux reprises une déviation dans sa vie. La première quand il a quitté le monde du journalisme pour celui du marketing et de la pub. La deuxième plus profonde, quand il s’est lancé dans le coaching. “J’ai retrouvé un sens, une utilité et un souffle».  Il participe au Facebook live que nous avons programmé ce 29 juin. Pour mieux lui poser des questions et échanger avec lui, nous vous proposons de mieux faire connaissance avec lui à travers cette interview. 

“J’ai fait deux déviations professionnelles”

  • Les Déviations : Ludovic, votre profil est, bien sûr, sur notre site, mais pouvez-vous vous présenter ? 
  • LH : “Ludovic Hilaire donc. Je vais bientôt avoir 53 ans. Je suis coach certifié depuis 2017. Auparavant j’ai été directeur de la communication marketing dans de grands groupes. – Carrefour, Fnac, ING Direct France. J’avais été formé au coaching en tant que manager dans les années 2010. C’est ce qui m’a initié et donné le goût de l’accompagnement. J’ai été moi-même plusieurs fois coaché. J’ai deux volets dans mon activité : l’accompagnement de personnes qui sont en transition de vie et je suis également partenaire d’un cabinet de coaching d’entreprise. J’interviens sur des dimensions organisationnelles, stratégiques auprès des managers et des équipes de direction.

– LD : Vous avez donc changé deux fois de vie ? 

  • LH : Oui ! Après avoir passé un Dess de journalisme bilingue à l’université Sorbonne Nouvelle, j’ai été pendant quelques années journaliste. J’ai trouvé assez vite que les choses étaient trop lentes pour moi. J’avais besoin d’intensité, de rythme. Je me suis orienté vers la com en rentrant chez Carrefour en 1999 suite à une opportunité. J’ai adoré. J’y suis resté 6 ans. On peut parler d’une première déviation même s’il y a un lien commun, le contenu. J’étais ambitieux, cela nourrissait mon égo. Quand j’ai quitté Carrefour, je gérais plus de 100 millions d’euros, j’avais un poste stratégique.  J’ai été chassé par la Fnac pour en devenir le directeur de la pub et de la marque.  Puis, j’ai rejoint ING Direct France, une banque en ligne, pour m’occuper de la pub et de l’acquisition de nouveaux clients. C’était un pure player du digital. Je n’y connaissais pas grand-chose. Le groupe était hollandais avec une culture anglo-saxonne qui est proche de la mienne.   Mon poste a évolué rapidement, il y avait quelque chose de grisant. Et puis, au bout de 8 ans, j’ai senti que j’arrivais à la fin d’un cycle, je me posais pas mal de questions. J’ai pris un poste de direction général adjointe en agence de com pour me remettre en question. C’est la première étape du crash !

“J’ai souvent pris des décisions plus à l’intuition qu’à la réflexion”.

  • LD : du crash ?!
  • LH  : Je me suis mis en danger dans un poste qui ne m’intéressait pas et qui n’était pas fait pour moi. J’ai donc jeté l’éponge assez vite  au bord du burn out et en perte de sens complet. Qu’est-ce que je faisais là ? J’avais beau être très bien payé, j’étais totalement déboussolé. J’ai cru qu’en changeant de paradigme,  j’allais trouver un second souffle. Pas du tout, j’ai juste changé le poisson de bocal. Les problèmes, les questionnements demeuraient…. Nous sommes en 2016. Je ne dormais plus, j’avais perdu 4 kilos. J’avais cette voix qui me disait : « tu es sûr de vouloir rechercher un poste de directeur marketing ? » J’ai eu la chance de pouvoir prendre un peu de temps et de me requinquer. J’ai démarré ma formation de coaching, il y a eu une espèce d’évidence. J’ai souvent pris des décisions plus à l’intuition qu’à la réflexion, en écoutant cette petite voix intérieure qui me guide.

– LD : pourquoi alors le coaching plus qu’un autre secteur ? 

– LH : « J’avais besoin de retrouver du sens et de me sentir utile. J’ai adoré ce que j’ai fait dans la pub mais j’ai eu le sentiment que cela ne servait strictement à rien. Si ce n’est vendre des produits dont personne n’avait vraiment besoin. J’ai fait aussi un travail sur moi qui m’a amené à me redéfinir.  J’y suis allé en mode ‘test and learn ».  Je faisais de la méditation et du yoga  depuis très longtemps. J’avais une approche sur la gestion du stress et j’ai voulu, à mon tour,  aider les gens à traverser cette des zones de turbulences. Je trouvais un vrai sens à en remettre là où il n’y en a plus. Je  travaille sur deux dimensions : le sens et le souffle. Pour en revenir à la question, cette activité coaching est une vraie déviation avec à la clé un vrai projet de vie. J’avais besoin de  retrouver du sens un utilité. Je suis très heureux aujourd’hui et je ne me vois pas recharger de vie !

Yoga
Adepte de yoga et de méditation depuis de nombreuses années.

Plusieurs stratégies possibles…

– LD : C’est quoi la crise du milieu de vie ?

– LH : C’est une très bonne question ☺ J’ai bcp étudié le sujet, fais des recherches, des interviews, regardé les témoignages des Déviations, j’ai bien sûr appris de mes clients et de moi-même, car je suis passé par là.

En fait il faut plutôt parler des objectifs de l’ego. 

Alors l’ego c’est quoi ? le mot ego vient du latin et du grec et signifie « moi » ou « je ». En psychologie, il désigne le fondement de la personnalité. 

L’ego se manifeste par nos fonctions cognitives, notre activité mentale, nos pensées, souvenirs, et aussi notre intelligence, notre volonté.

Au début de l’âge adulte, vers 20/25 ans, on se fixe consciemment ou inconsciemment, des objectifs, qui sont les objectifs de l’ego : avoir tel type de job, de carrière, fonder une famille, habiter à tel endroit, voyager… 

Et puis, un jour, les objectifs sont atteints. A 35 ans, 40, 45… et là commence bien souvent un questionnement. What’s next ? « qu’est-ce que je vais faire pour les 20 prochaines années ? », avec le sentiment d’avoir cochés les cases et de ne plus trop savoir où on en est, de tourner en rond, de ne plus s’intéresser à rien, de déprimer… cela correspond souvent au moment où les enfants quittent le foyer parental, laissant derrière eux un vide difficile à combler et dont la cause est bien au-delà de ce moment de « rupture ».

Selon l’intensité du questionnement et le niveau de souffrance, on observe plusieurs « stratégies » :

  • Je recommence un « cycle » équivalent, avec des objectifs identiques à ceux que j’avais à 20 ans, je change de job par exemple, pour faire peu ou prou la même chose ailleurs,  je quitte mon conjoint, pour un.e autre sans vraiment rien changer, en répliquant l’histoire précédente avec juste un souffle de nouveauté.
  • Je me mets en danger : je prends un job pas fait pour moi, trop cappé, et donc je me mets rapidement en situation d’échec, ou je démarre une aventure entrepreneuriale mais sans avoir le recul, les compétences ni les ressources financières, je démolis mon couple…
  • Je pars tous azimuts : j’enchaîne les projets, les aventures, je « brûle mes vaisseaux » et me retrouve vite à cours de carburant.
  • J’envoie tout balader : le boulot, le couple, la famille, et puis l’ivresse d’une certaine liberté passée, retour à la case départ avec le même questionnement.

Ne diabolisons pas l’égo…

L D : que vous disent vos clients ?

– LH : Ils expriment tout plus ou moins le même malaise : « je ne sais plus où j’en suis, j’ai l’impression de tourner en rond, comme un hamster dans sa roue, je ne sais plus qui je suis, je suis perdu.e, je me suis perdu.e de vue, je me sens éteint.e, je ne manque de rien mais ne suis pas heureux.se… »

Il y a la plupart du temps un sentiment de vide intérieur que ni l’entourage, la carrière, ni les loisirs, ni la consommation ne peuvent combler…avec un vrai questionnement sur le sens « de tout cela ».

Ils se sentent essoufflé, sans but, et ils se demandent à quoi ils sont utiles, sans trouver de réponse.

– LD : Comment vous les accompagnez ?

– LH : A côté de l’ego, il y a le « soi », c’est-à-dire, votre être, qui vous êtes au fond de vous, dans la totalité de votre individualité, votre unicité. 

Si l’ego est le siège de l’intelligence, le « soi » abrite l’intuition. Et attention, il est hors de question de diaboliser l’ego. Il y a une interprétation new age qui place l’ego comme un obstacle, une entrave à notre éveil, qui désigne l’ego comme une représentation fausse qu’un individu se ferait de lui-même, et qu’il faut se libérer de son ego pour être soi-même. C’est faux – à moins de vouloir devenir moine au Tibet.

L’ego fait partie de nous, c’est comme du carburant en fait, et c’est grâce à lui que nous avons construit notre vie matérielle, avons un toit sur la tête, sommes capables de réfléchir, de travailler, donc il est indispensable, à notre réalisation.

L’enjeu est de se (re)connecter à soi, de comprendre qui l’on est, de réveiller le soi, cette partie de nous passée à la trappe, pour retrouver du sens et avancer dans la bonne direction, en bonne intelligence avec l’ego. Retrouver le bon souffle

– LD : Comment faire ?

– LH : Déjà, il faut comprendre comment on est arrivé là, quelles sont les raisons qui nous ont conduit dans cette situation si inconfortable, les choix que nous avons faits à un moment de notre vie, par rapport aux parents, la famille, la société, en fonction de telle ou telle injonction… ce trade-off qui nous a conduit dans ce qui semble aujourd’hui une impasse mais qui en fait est une courbe d’expérience fabuleuse sans laquelle nous ne serions pas qui nous sommes aujourd’hui.

Réussir dans la vie, plutôt que réussir sa vie

– LD : Vous entendez quoi par là ?

– LH : A un moment donné, nous avons tous fait des choix, conscient ou par défaut : le choix des études – ou pas -, d’un métier, d’une entreprise, le choix d’un partenaire, d’un lieu de vie – ou du nomadisme pour les personnes qui ont choisi de s’expatrier -, d’avoir des enfants ou pas…Nous avons fait ces choix pour un bénéfice, au profit de quelque chose, d’une certaine réussite, stabilité… Et même si ces choix ont été fait pour « faire plaisir » aux parents ou pour se conformer à ce que nous pensions que la société attendait de nous, sans autre perspective visible, nous avions bel et bien, en ligne de mire des objectifs de vie concrets, décomposés en objectif professionnel, affectif, financier, personnel…

Le point est que le « soi », cette partie de nous très intime, n’était plus dans la boucle.

– LD : Pourquoi ?

– LH : Sans doute car notre modèle de société occidentale privilégie la réussite de l’ego, réussir dans la vie, plutôt que réussir sa vie. 

Mais le pourquoi importe peu, ce qui compte c’est comment dépasser ce cap.

Savoir ce que l’on veut vraiment…

LD : Ah oui, comment alors ?

– LH : D’abord en prenant de la hauteur par rapport à la situation présente. En voir les tenants et les aboutissants, et prendre conscience de tous les points positifs, de tout ce que vous avez développé, acquis, construit, réussi…

J’attache beaucoup d’importance à cette étape car elle permet d’apaiser les turbulences intérieures, de rassurer, de stabiliser les choses… et le cas échéant de prendre des mesures rapides pour résoudre tel ou tel problème (financier par exemple) et qui bloque le processus de connexion à soi et de projection. On n’avance pas avec une épine dans le pied ☺

Ensuite, nous travaillons sur une première ébauche de la situation désirée. La plupart du temps le gens savent ce qu’ils ne veulent plus, mais pas ce qu’il veulent vraiment.  Commence alors un chemin intérieur vers soi, le fameux soi, qu’on avait enterré sans s’en rendre compte à 20 ans !

Et on pose des actes, petits, grands… pour avancer, avec le juste souffle. 

Save the date :

Ne manquez pas le Live du 29 juin à 12 heures sur notre page Facebook Les Déviations. Il aura pour thème : la crise du milieu de vie. Souffle et sens.

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