Mélanie : “pour lui, j’ai pris un nouveau virage !”

"J’étais au bord du burnout à même pas 23 ans, et quelqu’un l’avait enfin remarqué pour moi."

Je m’appelle Mélanie, j’ai 27 ans et j’ai sauté le pas.
Je vous écris pour vous raconter mon histoire, sans but précis, simplement parce que ce que vous faîtes me parle beaucoup. Je me reconnais dans les témoignages et j’aimerais à mon tour vous envoyer le mien.


Pendant près de trois années, j’ai travaillé pour un laboratoire pharmaceutique et cosmétique bio, principalement pour des gammes de produits bébés et maternité. J’organisais des événements et des formations pour des sages-femmes dans toute la France. J’avais 20 ans et je découvrais non seulement le milieu de l’événementiel qui était mon but professionnel, mais aussi l’univers de la femme d’un point de vue morphologique, psychique, la maternité, et j’étais épatée d’en apprendre autant. J’étais passionnée par ce que je faisais. Mes 6 mois de stage n’étaient pas achevés, que je signais un contrat en alternance pour 2 années supplémentaires.

J’ai effectué deux masters dans le management, et ce, en deux ans, avec thèses et soutenances à chaque fois. C’était beaucoup de travail en plus de mon poste mais j’aimais l’école. Le rythme des cours s’est intensifié, celui du travail aussi. Pour résumer, je n’ai quasiment pas dormi plus de 3 nuits d’affilée au même endroit pendant presque 2 années complètes.

J’étais épuisée mais je ne le savais pas. Je vivais à 100 à l’heure et j’aimais ça, même si mon enthousiasme était de moins en moins visible. Tout était sous contrôle. De toute façon, à chaque étape de ma vie, je me suis toujours promis de réussir ce que j’entreprenais, sinon, ce n’était pas la peine de commencer. Ainsi, les réussites s’enchainaient et je prenais la responsabilité des formations pour les kinésithérapeutes de France, en plus des sages-femmes et de tout le reste. Ma charge de travail était croissante, les heures d’une journée, elles, restaient les mêmes. J’étais absorbée par tout cela et vivais littéralement avec ma valise.

“Les crises de panique sont entrées dans ma vie !”

Personne ne se rendait compte de ma situation, jusqu’au jour où ma responsable est venue me voir en me disant : « Mélanie, dans 10 minutes tu viens me voir dans mon bureau. Rien à préparer. C’est privé. » J’ai acquiescé avec un sourire, mais dès que la porte de mon bureau s’est refermée, j’ai fondu en larmes. J’étais au bord du burnout à même pas 23 ans, et quelqu’un l’avait enfin remarqué pour moi. Elle a immédiatement allégé ma charge de travail, considérablement réduit mes déplacements, mais c’était trop tard. J’entamais les 6 derniers mois de cette alternance et j’avais ma deuxième thèse à terminer, sur le thème du management de crise. Un comble, maintenant que j’y repense.

Les crises de panique sont entrées dans ma vie, mais malgré cela, mes réussites se poursuivaient. J’ai signé un cdi dans une autre entreprise, sans même avoir terminé ma formation. Paradoxalement, j’ai eu le sentiment de tout perdre au moment où j’ai acquis ces deux masters, et où j’achevais mon travail dans cette entreprise qui me passionnait autant qu’elle me détruisait.

“Et puis j’ai tout quitté…”

J’ai quitté ce nouveau cdi que je n’avais même pas entamé et qui s’apparentait pour moi simplement à une nouvelle cage dorée. J’ai offert un billet d’avion à ma mère et nous sommes parties toutes les deux pour trois semaines au Cambodge. Psychologiquement, je n’allais pas bien. Physiquement j’ai changé aussi. J’ai perdu du poids, je ne me maquillais pas. Dans cet autre pays, j’avais simplement des problèmes de riche, ou des gens vivaient dans une pauvreté extrême mais se révélaient plus heureux que moi. J’ai eu un choc et j’ai enfin commencé à me reconnecter avec moi-même. J’ai mis presque 8 mois à me remettre de tout ça. J’étais au chômage, mais finalement je travaillais dur pour retrouver ma force et remonter à la surface.

Evidemment, j’ai recommencé à travailler, d’abord dans l’aviation, puis à nouveau dans l’événementiel. Professionnellement, je donnais toujours mon maximum et je réussissais ce que j’entamais. C’était reparti pour un tour, mais j’ai rencontré quelqu’un.

“La barrière de la langue était la première à faire tomber”.

L’homme avec qui je partage ma vie est un allemand expatrié en Suisse, et pour lui, j’allais prendre un nouveau virage dans ma vie. Mais la barrière de la langue était la première à faire tomber. Ensuite, il fallait que je m’intègre dans une région de Suisse centrale, pas vraiment connue pour son accueil chaleureux envers les étrangers… Je me suis acharnée, j’ai postulé partout, dans tous les domaines, à tous les niveaux, mais j’étais bloquée. La pandémie ne m’a évidemment pas facilité les choses. Les mois paraissaient interminables et ma confiance en moi disparaissait tous les jours un peu plus.

Démotivée, je décidais de prendre rendez-vous pour une constellation familiale notamment pour d’autres problématiques personnelles. Je ne dis pas là avoir trouvé la solution miracle, je pense que chaque personne à sa propre manière de trouver sa voie, et pour cela il existe énormément d’outils et de possibilités. Mais cette séance a bouleversé ma vie. Trois mois plus tard, j’étais éducatrice dans une crèche en Suisse centrale, je me suis installée officiellement avec mon compagnon et j’ai commencé à m’épanouir.


Fini les sourires forcés, les e-mails inutiles, les tenues inconfortables et la gestuelle à contrôler. J’étais enfin libre de mes mouvements et le stress a totalement disparu de ma vie professionnelle.

Je suis fière d’avoir osée, car après 5 ans d’études et de travail acharné, j’enfilais un jogging et j’allais faire de la peinture, plutôt que de continuer à organiser des événements dans des grands hôtels. J’ai pleuré plusieurs fois car, tout ça, ce n’était pas ce que j’avais imaginé. Dans mon entourage, certains me faisaient des remarques et me demandaient quand est ce que j’allais arrêter de jouer avec les enfants et me remettre au boulot. Mais j’ai ignoré tout ça.

“J’ai trouvé ma place mais pour combien de temps ? “

Je me sens utile au quotidien, et chaque évolution d’un enfant est une réussite qui m’émeut et qui donne un sens à ma vie. Je vais passer un diplôme d’allemand ainsi que le diplôme officiel suisse d’éducatrice de la petite enfance d’ici quelques mois.

J’ai trouvé ma place. Pour combien de temps ? Je n’en sais rien. Mais j’ai soif d’apprendre dans ce milieu et mon but ultime serait d’apporter mon aide dans le domaine de la maternité, de la parentalité et de l’éducation. Je suis consciente d’avoir encore de la route à faire, mais je m’en réjouis d’avance car je suis enfin sur la bonne. Je suis heureuse.”

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