Salaires faibles, mauvaises conditions de travail… la quête de sens a parfois bon dos.

Salaire faibles, mauvaises conditions de travail… la quête de sens a parfois bon dos.

En 2022, environ 65 000 postes saisonniers sont restés non pourvus.

Ah, la montagne… Le grand air, les vues imprenables sur une nature sauvage. Tout ce dont rêvent de nombreux employés urbains coincés dans leurs salles de réunion. Une terre d’accueil rêvée pour trouver un sens et un équilibre dans sa vie.

Eh bien, pas toujours…

Ce mois d’octobre est tellement chaud qu’il est difficile de penser à la saison des sports d’hiver qui s’approche. Pourtant, les premières voix inquiètes s’élèvent pour pointer du doigt un problème qui devient récurrent : le manque de personnel dans les stations de ski.

Les travailleurs saisonniers sont un million en France. Ils jouent un rôle essentiel dans le fonctionnement des hébergements, restaurants, loisirs et sites touristiques.

Mais depuis quelque temps, le recrutement de ces travailleurs se révèle difficile.

“Les jeunes saisonniers cherchent aujourd’hui des emplois qui correspondent à leurs valeurs”, titrait hier le journal Le Monde.

La quête de sens, encore ? Cette recherche d’alignement entre ce à quoi on croit et son occupation professionnelle serait-elle en cause ?

La lecture de l’article pourrait nous convaincre que le problème est éthique. Le tourisme est considéré par de plus en plus de jeunes comme polluant. Mais en lisant bien, d’autres problèmes sont cités. Bien plus pratiques, ceux-là. Les horaires sont “atypiques” et le logement devient un “problème crucial”. Les prix ont explosé près des stations de ski. Se loger à la saison est devenu un casse-tête et coûte une fortune.

Le sens a parfois bon dos pour masquer des manquements très classiques.

De plus, la réforme de l’assurance-chômage a rendu l’accès aux droits plus contraignant. Cela incite les personnes à rechercher des contrats à long terme. Ceux qui travaillaient quelques mois pour toucher le chômage le reste de l’année entre deux petits boulots ne peuvent plus continuer ainsi. Ils étaient une main-d’œuvre abondante, pas toujours bien traitée par des commerçants dont certains ont gardé des pratiques managériales d’un autre âge.

Arnaud Benoist, directeur du réseau Montagne chez Sport 2000, disait à ce sujet dans un article de Montagne magazine le 28 décembre 2022 : “Il y a eu pas mal d’abus à une période où on avait tendance à considérer le saisonnier comme un ‘consommable’. La reconnaissance n’existait pas car il y avait de toute façon beaucoup de candidats.”

Et c’est ainsi qu’en 2022, environ 65 000 postes saisonniers sont restés non pourvus.

Les saisonniers les plus jeunes n’hésitent certes pas à déclarer qu’ils cherchent des emplois en phase avec leurs valeurs. Mais disent juste après qu’ils veulent de meilleures conditions de travail et de rémunération, des perspectives d’évolution et un meilleur équilibre de vie. Dirigeants, n’oubliez pas les fondamentaux du management. Le sens a parfois bon dos pour masquer des manquements très classiques. Surtout dans un marché du travail qui se tend et qui inverse le rapport de force employeur-employé.

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