Virginia Atenza: « J’ai ravalé ma fierté et mon égo pour dévier ! »

S’il faut prendre, choisir un chemin de traverse. Ce n’est pas grave.

À l’occasion de la sortie de notre magazine N°2, nous vous proposons de découvrir certaines de nos histoires. Aujourd’hui nous vous parlerons de Virginia Atenza. Faire le saut de puce du théâtre au digital en passant par la case de conseillère chez Pôle Emploi :  A 37 ans, le parcours de Virginia est pluriel, semé d’embûches avec des virages toujours inattendus…

“J’avais de la satisfaction mais j’étais toujours confrontée aux réalités économiques.”

Avec son large sourire, son accent chantant et sa chevelure brune, Virginia raconte son parcours avec bonhommie et candeur pour tracer les déviations d’une histoire à rebondissements.  C’est d’abord une prof de français qui la passionne pour le théâtre au lycée en les emmenant  au voir des pièces régulièrement. Virginia passe par des cours amateurs puis plus professionnels avant d’en faire une vocation à plein temps.

Elle monte nécessairement à Paris pour courir les castings en rêvant de faire de la comédie. Sur les planches, elle vit « l’adrénaline de l’instant, l’effet de troupe avec un public.» Malgré plusieurs expériences, courir après les cachets de l’intermittence la met à rude épreuve : « J’avais de la satisfaction mais j’étais toujours confrontée aux réalités économiques. Le seul moment où j’ai été bien rémunérée était au Manoir de Paris pendant deux ans où je jouais Marie Antoinette, une maquerelle, un vampire, ou un professeur fou. Sinon, il me fallait toujours un petit à côté pour continuer à remplir mon frigo. »

“Le métier me plaisait mais pas politiquement.”

Parmi les à côtés, elle reste 7 ans assistante d’éducation. Une route amorcée en parallèle qui a failli la faire changer de métier puisqu’elle tente le concours de interne de professeur espagnol. Elle le manque à un point et fait face à une « grosse machine compliquée à démêler », elle préfère laisser tomber.

Comme beaucoup, elle prend rendez-vous avec son conseiller Pôle Emploi qui lui propose de postuler comme conseillère en évolution professionnelle au sein même de l’entreprise ! La voilà propulsée pendant 6 mois devant des demandeurs d’emploi, à gérer des volumes insensés pour elle :  « Le métier me plaisait mais pas politiquement. Je ne pouvais pas faire du conseil en suivant 900 personnes. On me disait :« il faut qu’ils travaillent, il faut les placer. » Moi, j’avais envie de les aider au cas par cas mais les problématiques personnelles ne pouvaient pas être prises en compte dans ces conditions. »

“Je me suis dit que le numérique pouvait être funky.”

Par le biais de Pole Emploi, elle découvre l’existence de formations dans le numérique. Elle sent que cela peut lui correspondre : « J’ai eu la tête sur les épaules, je n’avais pas envie de rester dans la précarité comme certains de mes amis. J’ai ravalé ma fierté, mon égo et je suis allée de l’avant. Je me suis dit que le numérique pouvait être funky. » Elle passe alors un entretien avec Le Wagon, un organisme de formation qui apprend à devenir développeur web avec à la clé une certification RNCP. Aidée par la région Occitane et Pôle Emploi, elle réussit donc à intégrer le « Boot Camp » pendant trois mois, le temps d’être correctement formée avec ses « buddys », ses partenaires d’apprentissage avec qui elle est mise en situation concrète de programmation de site. 

A la sortie de sa formation elle est encore lucide : « Je me suis dit développeur c’est pas mon truc mais je peux m’orienter vers chef de projet. J’aurais quand même un bagage de connaissances techniques, je pourrais parler à un développeur sans être à côté de la plaque. » Après deux mois de recherche, elle a décroché un poste de consultante digitale qui lui permet d’accompagner la création d’un site web ou d’une application. Elle prépare aussi avec ses clients les maquettes et la stratégie digitale. 

“Je ne reste jamais à ruminer.”

Son expérience dans le conseil a été une des clés de son embauche à un poste pourtant réservé à des consultant séniors : « Ils ont fait un pari en m’embauchant avec un profil junior mais je collais bien au poste. Il fallait une personne qui me fasse confiance. » A l’avenir, elle aimerait pouvoir suivre le client jusqu’au bout de son projet et faire comme elle dit « tout le marathon ».

Aujourd’hui Virginia est heureuse d’avoir une vie de couple équilibrée avec des horaires de travail normaux et sans déplacement lointain. Cela lui permet de continuer avec sa femme la longue route vers la PMA qu’elle mis en projet depuis quelques années.

Avec son parcours totalement atypique, Virginia a su rebondir et être heureuse : « Je me sens toujours épanouie même dans les galères. J’ai un très bon entourage familial. Se prendre des claques peut être dur sur le coup mais je vois toujours mon objectif. S’il faut prendre un sentier, revenir parce que c’est une impasse, choisir un chemin de traverse. Ce n’est pas grave. Je ne reste jamais à ruminer. »

© Sydney Klasen

Par Maylis Detrie.

Les Déviations N°2

En vente

Les Déviations N°1

Toujours en vente

Laisser un commentaire

Vous inscrire à notre newsletter