Le Gouvernement espagnol aide financièrement les moins de 35 ans pour qu’ils s’installent dans des petits villages !
Le Département du Défi Démographique du ministère de la Transition écologique vient de débloquer 21 millions d’euros pour inciter à innover dans les villages de moins de 5 000 habitants. Et près de 1 200 demandes, selon le quotidien du dimanche, ont été présentées depuis le début de l’année. Ce plan s’inscrit dans la signature d’un «pacte d’Etat pour le repeuplement et le rééquilibre territorial». Cela inclut le financement d’infrastructures et le déménagement total ou partiel d’organismes publics.
10 % du prix du logement peut faire l’objet d’une aide à l’achat
Pedro Sanchez est le responsable gouvernemental de ce projet. L’objectif est d’aider tout jeune espagnol qui souhaite s’installer en milieu rural. Ces aides peuvent aller jusqu’à 11 000 euros pour un moins de 35 ans qui cherche à acquérir un logement. Ce dernier doit justifier un revenu inférieur annuel à 24 200 euros et la valeur du bien est limitée à 120 000 euros. Les loyers, selon les dossiers peuvent être pris en charge à hauteur de 60%. Mais, là encore un plafond a été instauré à 600 euros maximum.
Alba et Juan – 28 et 30 ans- dessinatrice et ingénieur ont ainsi pu s’installer à Aldea del Cano. C’est un village de 600 habitants situé à 20 minutes de Caceres. Et s’acheter leur maison avec l’aide du gouvernement. Ils vivent dans désormais dans une maison de 150 m2 qu’ils ont achetée 90 000 euros avec un terrain de 3000 m2. Ils ont reçu une subvention de 9 500 euros mais ils ont pris l’engagement d’y vivre au minimum 5 ans.
« Cela fait 20 ans que l’on dénonce l’abandon du monde rural… »
Le maire du petit village, Miguel Salazar Leo, reconnait que les jeunes, dans le milieu rural, sont confrontés à une double difficulté : trouver un logement et un travail, ou le créer. « Il y a beaucoup de maisons vides mais les propriétaires préfèrent les louer pendant les périodes de vacances. »
Et ce dernier de pointer un problème et non des moindres : « Tous les jeunes n’ont pas un profil adapté à la vie rurale même si la vie en ville est souvent bien plus dure. »
De très importantes provinces d’Espagne, d’Aragon, de Castille-et-León, de Castille-La Manche, de Galice, sont désertée. Selon les chiffres du Gouvernement, 90 % de la population espagnole occupe seulement 30 % du territoire. L’Institut Nacional de Estadisticas (INE) rapporte également que la ville de Soria a vu sa population diminuer de 23 % depuis 1975 alors que celle de Madrid a augmenté de 73 %. Libération dans un article récent notait : « le terme de «Sibérie» est même parfois employé pour désigner ces territoires, lorsque la densité est inférieure à 12 habitants au km² ». Dans ce même article, on pouvait aussi lire : « Cela fait vingt ans que l’on dénonce l’abandon des campagnes, l’absence d’investissements. On en a eu assez des fausses promesses des politiques et des tapes amicales dans le dos. 85% des communes perdent de leurs habitants. Si on ne fait rien, c’est la mort assurée du monde rural.»
« L’exode rural est un des plus grands défis que doit affronter l’Espagne ».
Selon Luis Planas, le ministre de l’Agriculture, la pêche et l’alimentation, « l’exode rural est un des plus grands défis que doit affronter l’Espagne ».
Ces premières mesures seront-elles nécessaires ? Plusieurs éminents spécialistes ont calculé que l’Etat devrait, pour inverser la tendance, investir 1% du PIB dans les campagnes, soit 11 milliards d’euros par an…
Et vous, seriez-vous prêt(e) à tenter le pas si le gouvernement mettait à son tour, ce type d’aides ? – A lire aussi notre article sur le déménagement dans le cadre d’un changement de vie-