Lucie Capitaine : « Loin des bijoux qui scintillent, je prends des shoots d’amour tous les jours ! »

Loin des bijoux qui scintillent, ce sont la sérénité et le calme qui définissent la richesse de ses journées.

À l’occasion de la sortie de notre magazine N°2, nous vous proposons de découvrir certaines de nos histoires. Aujourd’hui nous vous parlerons de Lucie Capitaine. Un premier boulot prestigieux pour une célèbre marque de joaillerie pendant même qu’elle terminait l’Essec : une belle réussite que Lucie découvre très vite dénuée de sens. Suite à une première alerte physique, elle décide en 48 heures de changer de vie. Aujourd’hui, elle gère la crèche canine qu’elle a créée en Ardèche : « Truffes, Moustaches & Cie » Que du bonheur…

“Je me demandais si j’avais vraiment fait tout ça pour ça.”

Lucie grandit dans le calme, au milieu d’un petit village de Loise loin de la frénésie des villes. Elève sérieuse et appliquée, elle voit à 18 ans la réussite dans ce qui brille. Elle intègre alors une classe préparatoire à Paris et décroche son ticket d’entrée pour l’ESSEC. Le Graal. Avant même d’être diplômée, elle signe son contrat de jeune cadre en marketing dans une maison de haute joaillerie, place Vendôme. « Je me souviens de ce premier jour, marchant avenue de l’Opéra, hyper heureuse. C’était l’idée que je me faisais d’un début de carrière réussi. » L’étiquette de la jeune parisienne qui excelle était collée. Sa famille, ses amis, voient en elle une jeune femme épanouie très jeune dans sa carrière, qui l’amène aux 4 coins du monde pour vendre des choses très chères à des gens très riches. Ça fait rêver ? De loin, pour certains. 

Pourtant, Lucie confie : « Quand je rentrais chez moi à 22 heures parce qu’on avait passé trois quarts d’heure à décider si on allait mettre un point ou une virgule dans une légende sur un catalogue… je me demandais si j’avais vraiment fait tout ça pour ça. » Les voyages en classe affaire compensaient ce manque de sens que pouvait parfois chercher Lucie dans ses missions. Elle enchaîne ses journées en se laissant bercer par le côté grisant de son prestigieux statut. Elle s’éloigne de ce qui compte vraiment dans une vie.

« Est-ce que j’ai vraiment envie de participer à ce monde-là ? »

« Un jour, j’ai vu une cliente pleurer parce que son conjoint ne voulait pas lui offrir une paire de boucle d’oreille à 200 000 euros. » Lucie Capitaine se questionne, pour de bon : « Est-ce que j’ai vraiment envie de participer à ce monde-là ? » En 2017, une semaine plus stressante que les autres agit comme un déclic. Le week-end qui suit, Lucie tombe trois fois dans les pommes, voit sa pression baisser et se dit : « Là, ton corps t’envoie un signal, tu n’es plus à ta place. »

En 48 h, la décision est prise : elle va faire autre chose. Aucune nouvelle voie n’est encore tracée, Lucie n’a pas idée de ce qui l’attend mais tient la certitude bien ancrée de devoir démissionner. Elle se reconnecte à ce qui lui fait du bien et introspecte sur ce qui la rend profondément animée. Elle se rappelle : en 2015, son conjoint lui a offert un chien et elle s’était alors fait la réflexion de rêver la vie de ces personnes qui consacrent leur journée à chouchouter des animaux.

Les dés sont lancés, un nouveau départ se dessine pour Lucie.

Son conjoint voulant aussi quitter Paris, les planètes sont alignées et ils déménagent à Lyon. Lucie Capitaine voit son intérêt pour les chiens grandissant en même temps que son envie de devenir sa propre chef. Installée à Lyon, elle suit une formation pour les porteurs de projets avec une idée : créer une crèche pour chiens. Les dés sont lancés, un nouveau départ se dessine pour Lucie.

Une idée loin de rester sur papier, Lucie met tout en œuvre pour en faire une réalité. À 30 ans, elle retrouve les bancs de l’école et décroche son diplôme d’éducateur Canin après 1 an de formation. En parallèle, ils cherchent avec son compagnon leur futur lieu de vie, plus loin des voitures de Lyon et plus près des oiseaux de l’Ardèche. Très vite, comme un agencement parfait des circonstances, ils trouvent l’endroit coup de cœur : un terrain de 2 hectares où ils construisent 5 chalets pour accueillir des chiens. Dès septembre 2019, Lucie reçoit dans sa pension « Truffes, Moustaches & Cnie » ses premiers pensionnaires.

“Je prends des shoots d’amour dans la tête tous les jours.”

Les débuts n’ont pas été toujours faciles : « il a fallu convaincre quand on a zéro réseau, se présenter à droite à gauche, attendre que le bouche à oreille se fasse. » Mais aujourd’hui, elle ne peut quasiment plus prendre de nouveau clients sur sa pension. Lucie Capitaine avoue ne pas avoir tout à fait retrouvé son niveau de salaire de l’époque, «j’ai surtout gagné un confort de vie incroyable. Je prends des shoots d’amour dans la tête tous les jours. »

Lucie a redéfini en même temps que la quête de sens, ce qu’est le luxe pour elle : loin des bijoux qui scintillent, ce sont la sérénité et le calme qui définissent la richesse de ses journées. Elle est comblée d’amour, de joie, et cela n’a pas de prix.

©Maelice Raby

Par Victoria Guillomon

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