Corinne Huynh : “J’ai tout quitté avec deux enfants et huit valises !”

Corinne Huynh

"Entre s’essouffler dans un métier qui ne fait plus sens, ne pas voir la fatigue et faire ce qu’on aime, le choix a été vite fait ! "

Coach certifiée Les Déviations, Corinne Huynh participe mercredi prochain, 27 juillet à midi à notre prochain Facebook Live. Nous vous proposons de mieux faire sa connaissance avec cette interview avant ce rendez-vous. 

Son parcours est pour le moins inspirant. Française d’origine vietnamienne, celle qui se décrit comme une « enfant du monde » a vécu 28 ans dans différents pays d’Afrique avant de partir avec son mari et leurs deux enfants en Asie. Corinne a su rebondir rapidement et monter avec succès son projet lié à l’accompagnement depuis le Vietnam. Pour en savoir plus, contactez-la et posez-lui vos questions.

Les Déviations : Corinne, pouvez-vous vous présenter ? 

– Corinne Huynh : « Je suis ingénieure agro-économiste de formation. J’ai passé ce diplôme qui a pour vocation de former à des carrières dans des pays en voie de développement, avec l’objectif donc d’exercer dans ces domaines et de me rendre utile. Bien que je sois née à Rochefort-sur-Mer, je suis une enfant d’expatriés ! J’ai grandi en Afrique, au Tchad, au Gabon et au Niger avec mes parents pendant les dix-sept premières années de ma vie. Je suis venue passer mes études supérieures en France avant de retourner en Afrique avec mon compagnon qui est devenu mon mari. Il a la même formation d’ingénieur agronome que moi. Nous étions dans la même école

Une vingtaine d’années en Afrique

“A deux reprises, j’ai quitté mon emploi pour suivre mon mari dans un nouveau pays du continent”

– LD : Où êtes-vous retournée en Afrique ? 

– CH : Nous sommes partis nous installer au Burkina Faso dans un premier temps. Je voulais retourner à l’étranger, aider, transmettre des connaissances. J’ai coutume de dire que beaucoup de « hasards de la vie » m’ont amenée là où je suis aujourd’hui. On m’a proposé de développer une filiale d’un bureau d’étude spécialisé dans les RH et le marketing et l’événementiel, basée à Ouagadougou. Nous sommes en 2009. J’ai donc ce diplôme d’ingénieure agro-économiste en poche et je suis loin de ce que je voulais faire professionnellement : je me voyais développer et accompagner des projets auprès de ONG. Après 10 mois, je prends la décision de quitter mon emploi pour rejoindre un organisme qui aurait besoin de mes compétences. Je me donne six mois pour trouver. Le temps passe, et je cherche toujours. Des sociétés me contactent pour que je sois leur directrice commerciale ou que je gère leur équipe. C’est ainsi qu’un poste de direction d’agence d’une boite de logistique internationale m’est proposé. Je n’y connais strictement rien ! Je n’ai jamais fait de commerce international, mais j’accepte de signer un contrat pour Centrimex. Je gère l’agence du Burkina Faso ! Je m’éclate, je tisse de nombreux liens, le business est florissant. Le temps passe vite, six années s’écoulent…

LD : et que se passe-t-il alors ? 

– CH :  Mon mari, entre-temps, s’était fait muter dans la deuxième ville du Burkina Faso à Bobo-Dioulasso. Je le suis, démissionne une nouvelle fois et je retrouve un poste assez facilement toujours dans le domaine de la logistique pour une autre société.  Pendant un an, j’accompagne Necotrans. Nous sommes en 2015. C’est une nouvelle belle opportunité. Je reste dans la logistique, la structure est plus importante encore. Au bout d’un an, alors que je commence à avoir une envie d’Asie, mais mon mari m’annonce qu’il est muté en Côte d’Ivoire. Rebelote ! Je refais mes valises et je quitte mon emploi pour le suivre ! Logiquement, arrivée en Côte d’Ivoire, je pense exercer dans la logistique, mais je rejoins le groupe Bolloré, non pas pour faire de la logistique mais pour diriger une régie publicitaire. Encore une fois, je n’y connaissais rien ! La veille de signer mon contrat j’ai été me renseigner sur Google sur le rôle et la fonction d’une régie ! C’est un nouveau hasard de la vie qui m’a conduite dans cette aventure passionnante. Il s’agit d’une filiale importante du groupe Canal + Advertising. Je me retrouve donc propulsée directrice commerciale de Canal + Advertising en Côte-d’Ivoire. Je découvre le milieu des médias. L’expérience dure trois ans.

Sa devise : “chaque personnalité peut impacter le monde”

L’Asie, et ce besoin de me confronter à mes racines

“Nous avions de quoi tenir financièrement six mois à un an selon notre rythme de vie…”

LD : quelle est alors la nouvelle étape de vie ? 

– CH : une déviation complète ! A la fois de lieu de vie, mais aussi de travail ! Un vrai changement de vie ! L’envie d’aller en Asie devenait encore plus forte et présente. Je ne savais pas vraiment pourquoi mais j’avais besoin d’aller y travailler et d’y vivre. J’ai fait au même moment une belle rencontre avec une coach qui était la maman d’une amie de mon fils. J’avais alors beaucoup d’apriori sur le coaching. Je trouvais déjà que c’était très à la mode, que tout le monde voulait le devenir et ce dans n’importe quel domaine ! Mais comme j’adore découvrir les choses, j’ai accepté sa proposition de m’initier au développement personnel. J’ai aussitôt compris la puissance et l’importance des bons questionnements. Cette première séance de coaching m’a aussi permis de me dire que c’était précisément au Vietnam que je voulais m’établir. Je parle de ce projet à mon mari qui me dit : « laisse-moi une année, le temps de trouver un emploi, sinon on quittera tout si ce n’est pas le cas. Mais laissons-nous un an”. Nous sommes alors en 2018.

Corinne travaille du Vietnam en télétravail pour de nombreux pays francophones – photo Marie Pierson –

LD : Et vous avez donc tout minutieusement préparé ? 

– CH : On n’a rien préparé, on s’est fait confiance et on a fait confiance en la vie ! Nous sommes partis avec nos deux enfants alors âgés de 5 et 3 ans – un garçon et une fille-, huit valises et aucune piste de boulot ! Nous avions une sécurité financière qui nous permettait de tenir entre six mois et un an en fonction de nos niveaux de vie ! Je suis d’origine vietnamienne. Je me sens enfant du monde puisque j’ai vécu en Afrique. Mon fils me questionnait : « maman, pourquoi avons-nous un autel d’ancêtres chez mamie ? « Je lui répondais qu’il avait toujours été là sans pouvoir lui donner une explication concrète. J’ai voulu comprendre mes origines et j’avais une envie viscérale de connaitre et transmettre cette partie de moi à mes enfants.  Nous débarquons ainsi à Ho Chi Minh Ville, à la fin août 2019. Autant dire, juste avant la covid.  Nous avions quelques contacts. Frédéric a trouvé un boulot assez rapidement. Bolloré m’a proposé de travailler dans le secteur de la logistique en octobre, j’ai repoussé ma prise de fonction en janvier en précisant bien d’emblée que cela risquait d’être très provisoire, de courte durée donc…

Le coaching, une découverte, une évidence de vie.

LD : et pourquoi donc ? 

– CH : la découverte de soi était entrée dans ma vie. J’ai continué à faire tout un travail de développement personnel, de compréhension sur moi via la Process communication model et je me suis initiée à d’autres méthodes comme l’énergétique. J’ai fait une formation d’hypnose Ericksonienn. Tout en retravaillant pour le groupe Bolloré, j’ai continué à me former au coaching en passant un diplôme en ligne de L’institut de Coaching International basé à Genève. Je dormais très peu. Je serais incapable d’avoir de nouveau ce rythme de vie.  J’ai, dès le début de ma formation, commencé pour le plaisir à répondre à des demandes de séances sans me faire payer. Puis rapidement j’ai eu de plus en plus de demandes orientées sur de la reconversion professionnelle. En 2020, je me suis posée la question de passer en temps partiel chez Bolloré, ou de tout quitter pour me lancer. C’est ce que j’ai fait en décembre 2020 !

– LD : sans la moindre hésitation, ni regret ? 

– CH : Non ! Bien au contraire. Je puisais mon énergie dans l’accompagnement, lorsque je voyais les transformations chez mes coaches ! Entre s’essouffler dans un métier qui ne fait plus sens, ne pas voir la fatigue et faire ce qu’on aime, le choix a été vite fait ! Mon mari m’avait aussi poussée : « Tu es douée pour cela, tu as ce sixième sens et cette intelligence émotionnelle que tu arrives à voir chez des gens, lance-toi ! » Je me suis alors spécialisée dans la reconversion professionnelle que j’appelle « alignée et affranchie ». Elle est basée sur la connaissance profonde que l’on a de soi et elle est affranchie des diktats de ce qu’on nous a inculqués. Via mon programme sur-mesure ENVERGURE, Je déconstruis les cases dont a trop souvent hérité et j’aide les personnes à aller chercher leur « Essence » profonde, ce qui les anime vraiment. Les éléments que je transmets lèvent leurs freins, leur permettent de se connecter avec leur Mission de vie et de devenir par la suite des entrepreneur.es engagé.es. J’ai dû accompagner plus d’une trentaine de personnes en individuel en 1 an. Mais je prends de plus en plus des groupes, j’aime l’énergie de ces échanges et partages à plusieurs. J’ai une clientèle francophone qui a la particularité d’être basée partout dans le monde : France, Canada, Martinique, Afrique, Suisse, Luxembourg, Belgique et, bien sûr, au Vietnam.

J’ai découvert Les Déviations du Vietnam !

– LD : Comment du Vietnam, on découvre Les Déviations ?

– CH – Rires- Via une amie ! J’avais lancé des interviews sur le digital. Cette amie m’a demandé si je connaissais Les Déviations, elle trouvait que mes interviews étaient un peu comme celles du média qu’elle suivait. J’ai regardé, et j’ai trouvé les vidéos super intéressantes. Elles m’ont tout de suite inspirée ! Un jour, j’ai vu un premier post annonçant l’arrivée d’accompagnateurs. Je n’ai pas réagi. Puis un deuxième post a été envoyé et là j’ai commencé à échanger avec Roselyne Granier et Kadia Moisson. Le courant est aussitôt passé entre nous ! Au lieu de 20 minutes d’échange nous avons passé 1h20 au téléphone ! J’aime les valeurs incarnées par Les Déviations, les interviews vidéo, et le côté piquant et la vision de Laurent Moisson. J’ai rejoint l’équipe coaching en janvier dernier avec cette petite frustration d’habiter à l’étranger. Il y beaucoup de choses qui se font en présentiel, et j’aimerais être plus présente. Ce sera le cas ce mercredi, puisque je suis à Paris. Mais nous réfléchissons aussi à faire quelque chose au Vietnam à la rentrée ! J’ai lancé un BootCamp pour revenir à soi et tracer son prochain chemin professionnel cet été car c’est une période propice pour se remettre en question. Et à la rentrée, j’anime mon 3eme Sommet digital entièrement gratuit, le 12, 13, 14 et 15 septembre, autour de l’entrepreneuriat engagé et comment composer avec le syndrome de l’imposteur avec une quinzaine d’experts. Avis aux amateurs (rices) !

Son site – Via ce lien-

Photos : Marie Pierson

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