Beyoncé a beau consacrer un titre, « Break my Soul » de son dernier album qui fait un carton à ce phénomène, La Grande Démission donne des premiers « petits », certes, signes d’essoufflement. Une tendance qui va être observée de près.
Les chiffres US sont toujours impressionnants :
- Près de 20 millions de personnes ont démissionné sur les cinq premiers mois de l’année, deux fois plus qu’il y a dix ans.
- Pour rappel, ils étaient en 2021, 47 millions. 3 % des salariés avaient ainsi quitté leur emploi (hors départs à la retraite). Tous les secteurs avaient été touchés.
- Ce chiffre est « retombée » à 2,8 % en juin – contre 2,3 % avant la crise du Covid. Une baisse « légère ».
Le contexte général : les dernières tendance :
Un demi-million d’emplois ont encore été créés en juillet 2022, un score en baisse mais toujours très dynamique. Le taux de chômage reste à 3,5 %. Bref, on recrute encore à tour de bras avec des salaires augmentés et des avantages salariaux renforcés. – lire notre précédent article, sur les nouvelles tendances 2022-
Quelles sont les causes de cet essoufflement observé qui doit, bien sûr être confirmé pour être établi dans les mois à venir ?
26% des démissionnaires regrettent leur décision
- Les « grandes vacances » ont une fin… Les bas de laine à un moment donné fondent d’autant que l’inflation galope et la bourse n’est pas au top.
- De nombreux « néoretraités » se sont remis au boulot…
- Selon un sondage publié en juillet par la plateforme de recherche d’emploi Joblist, 26 % des démissionnaires regrettent leur décision. Parmi ces déçus, 40 % ont eu du mal à retrouver un emploi. 16 % a réalisé que son ancien emploi n’était pas si mal que ça.
En France, les dernières données dévoilées…
La Direction des études du ministère du Travail (Dares) – Direction de l’Animation de la recherche, des Études et des Statistique- vient de dévoiler les derniers chiffres : la vague de démissions est jugée « plus importante que d’habitude ». Elle concerne près de 520 000 salariés du secteur privé par trimestre, dont environ 470 000 démissions de contrats à durée indéterminée (CDI), contre environ 430 000 par trimestre fin 2019, avant la crise sanitaire. Mais selon l’étude publiée, « la tendance est à relativiser. Le taux rapporté à la population n’est pas inédit ni comparable au phénomène de « grande démission », observé aux États-Unis pendant la pandémie.
Le taux d’emploi également en hausse
Des démissions oui, mais pas de « fuite générale » du marché de l’emploi. Le taux d’emploi est plus élevé qu’avant la crise du Covid (+2,8 points). Il continue de progresser – lentement- pour toutes les tranches d’âges fin 2021 et début 2022, précise encore la Dares. Entre 2003 et 2022, le taux d’emploi en France est passé de 64,7% à 68% selon l’INSEE.
Le rapport conclut. : « Cela créé des opportunités pour les salariés déjà en poste« .
Les retours à l’emploi des démissionnaires sont élevées : environ 8 démissionnaires de CDI sur 10 au second semestre 2021 sont en emploi « dans les 6 mois qui suivent« .
Assiste-t-on à une grande démission en France ? Pour Eric Heyer, directeur du département analyse et prévision à l’OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques) : « Ce n’est pas du tout la même chose qu’aux Etats-Unis où on parle davantage de salariés qui ne sont pas revenus au travail après la crise du Covid-19 (…) Ce grand nombre de départs peut vouloir dire que le marché de l’emploi au contraire, tourne à plein régime. Ce sont des démissions qui débouchent sur un nouveau recrutement, et non pour arrêter de travailler ».
Interrogée par 20 minutes.fr, Marie-Rachel Jacob, professeure de management stratégique des ressources humaines à emlyon business school note que « le marché de l’emploi outre-Atlantique est très différent de celui de la France, avec une fluidité beaucoup plus forte et beaucoup moins de stabilité Aux Etats-Unis, on assiste davantage à une sortie du marché de l’emploi, avec des jeunes diplômés qui « laissent tomber ».
A suivre…