Marque employeur : « un congé de respiration » propice à la déviation !

On ne cesse de le dire, les entreprises pour conserver leurs salariés doivent de plus en plus les choyer, en mettent en avant la marque employeur. En leur offrant de bons salaires, mais cela ne suffit plus.

Temporaire

Publié le

Modifié le

Rédigé par

« Je ne veux pas que nos collaborateurs se sentent obligés de rester chez Orange. Je souhaite qu’ils y restent par choix »

Les salariés ont besoin de donner du sens à leur travail. Ils sont de plus en plus sensibles aux valeurs véhiculées par leur employeur. Mais là encore, cela ne suffit plus toujours encore !

Les entreprises doivent séduire et accompagner les salariés dans leurs projets. Orange l’a bien compris ! Le célèbre opérateur propose « un congé de respiration », qui permet à ses employés expérimentés de partir de trois à douze mois pour réaliser un projet hors du groupe, tout en étant rémunéré à 70% de leur salaire de base.

Un break de 3 mois à un an avec un projet précis !

Les salariés peuvent découvrir de nouveaux horizons pendant ce laps de temps et… revenir avec de nouvelles idées pour la pratique de leur métier.

70 salariés, cadres et non cadres,  sur les 250 qui pouvaient faire ce break ont franchi le pas pour la première année de mise en place de ce dispositif. L’objectif est de le proposer à 1 000 personnes par an. Orange compte 137 000 salariés à travers le monde dont 79 000 rien qu’en France. Avec 266 millions de clients dans le monde et un chiffre d’affaires de 42,52 milliards d’euros en 2021, Orange est la seule entreprise française à faire partie du classement des 15 plus grosses entreprises des télécommunications internationales.-

Les volontaires devaient avoir plus de dix ans d’ancienneté au sein du même poste. Ils conservent une partie de leur salaire mais ils doivent présenter un projet pour justifier leur absence.

L’objectif d’Orange était de pousser des salariés à reprendre des études, à aller au bout d’un projet de formation, de s’impliquer dans un projet associatif, de travailler auprès d’une start-up ou une PME, enseigner ou participer à un projet de recherche. Le but est donc d’améliorer la qualité de la marque employeur.

Delphine, un break d’un an au sein de l’association Valentin Haüy

Une commission valide les dossiers présentés par les candidats. Ce dispositif pourrait être ouvert dans un très proche avenir à des personnes présentant moins d’ancienneté. 

L’Usine Digitale relate le parcours de Delphine Ponge, UX designer chez Orange à Aix-en-Provence.  « A 37 ans, elle avait « besoin d’un break » pour « se recentrer » après avoir beaucoup bougé – géographiquement et fonctionnellement (ingénieur R&D, RH, ergonomie). Issue d’une formation en psychologie cognitive et expérimentale et en ergonomie, elle s’engage auprès de l’association Valentin Haüy. Chez Orange elle travaillait sur des smartphones et des outils de reconnaissance vocale adaptés aux clients malvoyants. Cette association d’aide aux personnes déficientes visuelles a créé un incubateur de projets dédiés au numérique inclusif, qui colle parfaitement aux compétences et à l’expérience de Delphine Ponge, déjà impliquée localement dans la thématique du handicap, et dans l’humanitaire. »

Respirer et revenir avec de nouveaux projets pour le groupe

Gervais Pellissier, le directeur People et Transformation du groupe depuis mi-2020 : « Chez Orange, les gens ont des carrières longues. L’idée, c’est de permettre à ces personnes, qui peuvent parfois se demander quelle est la suite pour eux, de respirer puis de repartir dans leur parcours professionnel. Faire autre chose, sortir de son environnement, peut avoir un impact très positif. Certains collaborateurs, au bout de quinze ans, peuvent être un peu désabusés, désorientés, ne savent pas comment faire évoluer leur carrière, mais n’envisagent pas de quitter l’entreprise. Il fallait trouver une solution pour les remotiver ».

Chez Accenture, on parle de « Congés de priorité personnelle »

Accenture, la société de conseil, propose, elle aussi,  depuis l’année dernière des « congés de priorité personnelle » de trois mois à ses consultants. Il faut justifier de plus de cinq ans d’ancienneté. Les salariés volontaires sont payés à hauteur de 50 % de leur rémunération pendant la période. Contrairement au dispositif mis en place par Oragne, il ne faut pas présenter un projet au départ.

Olivier Girard, le président d’Accenture France et Benelux, au Figaro :  « Nous avons mesuré à quel point nos collaborateurs avaient besoin d’un nouvel équilibre entre travail et vie privéeNous leur proposons une belle opportunité de flexibilité, un moment de respiration, sans qu’ils aient besoin ni de se justifie, ni de justifier son utilisation. Nous ne leur demandons rien en retour, ils n’ont pas à s’engager à demeurer dans l’entreprise sur le long terme».

Fuite des talents et marque employeur

La question de la fuite des talents des cabinets de conseil figure néanmoins en toile de fond. «Nous constatons que les salariés reviennent tous dans l’entreprise au terme de ce congé poursuit le dirigeant. En plus d’être ravis d’avoir pu réaliser leurs projets personnels, ils affichent un niveau d’engagement en hausse.»

Que pensez-vous de ces initiatives ? 

A lire aussi : Futur of work : Le co-fondateur du média Les Déviations, Laurent Moisson et Charlène Geffroy, coach certifiée de notre équipe, travaillent pour la rentrée à des interventions et à des opérations que nous allons proposer et développer auprès des Drh des grands groupes et de plus petites structures. Car nous en sommes convaincus : les déviations passent aussi au sein des entreprises, un mouvement que nous voulons accompagner.  Notre opération a été baptisée : Futur of Work. Seront au coeur de nos échanges : Comment conserver & attirer les talents ? Que veulent ils ? Marque employeur et quête de sens. Comment les entreprises peuvent-elles capitaliser sur le phénomène de quête de sens ? Le rôle des Drh… Plus d’infos très vite. D’ici là n’hésitez pas à nous contacter pour échanger sur ces thématiques…

Les vidéos les + vues

Laurence Cottet

Laurence Cottet : elle brise le silence sur l’alcoolisme féminin

Après avoir sombré dans l'alcoolisme pendant plus de quinze ans, Laurence Cottet, ancienne cadre dans...

Kalil Abou Khalil : Du travail précoce au plus grand importateur de Guinée

Parti de Dubréka avec pour seul capital le goût du travail, Kalil Abou Khalil s’est...

Un cancer met fin à sa vie à 100 à l’heure

À 35 ans, Élodie Brocas menait une carrière fulgurante dans le marketing international. Manager reconnue,...
Juliette Mercier Stomie Busy

Stomie Busy : de l’adolescente malade à l’illustratrice qui inspire des milliers de personnes

Juliette Mercier, l’illustratrice qui partage sa vie Juliette Mercier, alias Stomie Busy, raconte sa vie...

Nos vidéos partenaires

Nos derniers articles