Les jeunes et le télétravail : pas touche !

Plus de la moitié (53 %) des 18-24 ans en France seraient prêts à quitter leur entreprise si le présentiel était imposé à 100 %. 

53% ! C’est un chiffre qui interpelle !

Selon le rapport «  People at Work 2022 : l’étude Workforce View »*, plus de la moitié (53 %) des 18-24 ans en France seraient prêts à quitter leur entreprise si le présentiel était imposé à 100 % . ( Le centre de recherches ADP Research Institute® a interrogé 32 924 actifs dans 17 pays entre le 1er novembre et le 24 novembre 2021, parmi lesquels plus de 8 685 travailleurs de la « gig economy » exclusivement.)

Autre chiffre : 36 % des répondants, et cette fois tous âges confonfus, seraient prêts à claquer la porte s’il était impossible de télétravailler.

Un chiffre qui augmente à 68% aux Etats-Unis…

La réaction de notre coach Charlène Geffroy :

“Gare au retour à un management par la contrainte…”

Coach professionnelle Les Déviations et digital nomad.

Je reçois régulièrement en accompagnement des personnes qui souhaitent changer de vie professionnelle pour plus d’autonomie, plus de liberté et la possibilité de choisir comment et d’où elles veulent travailler. Depuis la crise sanitaire, les entreprises avaient pour la plupart mis en place un management par la performance et la confiance. Beaucoup reviennent actuellement à un management par la contrainte avec des jours de présentiel fixes et obligatoires ce qui équivaut à perdre tous les efforts que collectivement les employés ont mis en place pour faire fonctionner les entreprises dans une telle situation. Cela génère beaucoup de frustrations de la part des salariés qui pour la plupart se sont constitués un nouveau quotidien et à qui on demande d’abandonner sans ajout de valeur. Laisser les salariés libres de se constituer un environnement dans lequel ils se sentent le plus efficace et épanouis me semble essentiel pour les entreprises tout comme continuer à tester des concepts innovants et adaptés au nouveau monde du travail qui se dessine.”

Plusieurs experts unanimes…

Le site 20 minutes.fr a donné la parole à plusieurs intervenants pour commenter le point précis de cette étude :

Caroline Diard est enseignante-chercheuse en management des Ressources humaines et droit à l’ESC Amiens. Elle constate : « Le télétravail est devenu la norme, voire un prérequis indispensable. En ce moment, avec la crise de recrutement dans plusieurs secteurs, les jeunes savent qu’ils sont plus à même d’imposer leurs conditions, et le télétravail en fait partie (…) Le télétravail permet d’avoir moins de distraction de la part des collègues ou de la vie d’entreprise, et donc de mieux se concentrer sur les dossiers de fonds. En maximisant l’efficacité et en supprimant la durée dans les transports, il offre plus de temps aux loisirs. Il y a moins d’importance accordée au travail chez les jeunes que pour les précédentes générations. Le gain de temps leur est donc d’autant plus important. »

“Le présentiel perd de son intérêt au fil des années, au lieu d’en gagner”.

Marina, 23 ans l’admet ouvertement : “il n’est plus question de travailler sur site cinq jours consécutifs. Le critère télétravail passe avant le critère salaire. C’est un confort de vie, permettant de trouver un équilibre personnel. Je me sens également moins sous pression, je prends plus facilement le temps, là où en présentiel, je me dépêche de terminer pour partir à l’heure afin de faire toutes les tâches qui m’attendent à la maison… . J’économise énormément en charge mentale et financièrement au niveau du trajet. »

Agnès Duroni, spécialiste des questions liées au futur du travail, note pour sa part : «le covid a brisé le plafond de verre du télétravail, offrant bien plus de liberté aux salariés. Et quand on a goûté à la liberté, c’est dur d’y renoncer. (…) Aujourd’hui, les jeunes ne veulent plus faire de présentisme. Il faut que la venue en entreprise ait un sens, une valeur ajoutée. Et le problème, c’est que le présentiel perd de son intérêt au fil des années, au lieu d’en gagner ».

Vers un “en-même-temps” : télétravail obligatoire, présentiel indispensable ? 

Pour Sophie Prunier-Poulmaire, maîtresse de conférences en psychologie du travail et ergonomie à l’Université Paris Nanterre, le le flex-office, envisagée par 55 % des entreprises en 2021, selon une étude** n’a pas arrangé les choses.« Plus il y a de travailleurs restant à domicile, moins le présentiel offre d’intérêts et de valeur à ceux qui y vont, plus ces personnes sur place auront tendance à télétravailler » Et de faire le parallèle avec des secteurs qui ont plus que du mal à recruter : Il suffit de voir la crise du recrutement actuelle : restauration, hôtellerie, service… Que des métiers où le télétravail est impossible. On parle beaucoup de la question du revenu, mais cette absence joue aussi. »

Et de conclure : «Le monde de l’emploi ne découvrirait pas lui aussi son en-même-temps : télétravail obligatoire, présentiel indispensable. » ? 

Les principaux autres enseignements de l’enquête :

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